La ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est au bord du chaos alors que des rebelles du M23, soutenus par des forces rwandaises, ont envahi plusieurs quartiers. Le gouvernement congolais appelle à la retenue pour éviter un carnage tandis que la communauté internationale tente de désamorcer la crise.
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Lundi 27 janvier 2025, des tirs d’artillerie lourde ont été entendus dans plusieurs quartiers de Goma, une ville stratégique située à la frontière entre la RDC et le Rwanda. Selon des sources gouvernementales, des combattants du M23 et 3 000 à 4 000 soldats rwandais seraient présents, menaçant la sécurité de plus d’un million d’habitants, ainsi que des milliers de déplacés internes.
Le gouvernement congolais a confirmé la présence de troupes rwandaises, dénonçant une « déclaration de guerre ». Kinshasa tente de maintenir le contrôle de la situation, notamment autour de l’aéroport de Goma, toujours sous le contrôle de l’armée congolaise (FARDC). Les autorités appellent la population à rester à l’abri et à éviter les actes de vandalisme ou de pillage, tout en mobilisant les Congolais dans le pays et à l’étranger pour soutenir les efforts des forces nationales.
La population civile, prise au piège des affrontements, fuit en masse. La prison de Goma a été incendiée suite à une évasion massive, causant des morts dont le bilan reste incertain. La frontière avec le Rwanda a été fermée, seuls les personnels de l’ONU et leurs familles étant autorisés à évacuer vers Kigali.
Ces violences s’ajoutent à une crise humanitaire qui ne cesse de s’intensifier. Selon l’ONU, plus de 400 000 personnes ont été déplacées depuis le début du mois de janvier en raison des combats, aggravant les conditions de vie dans une région déjà marquée par trois décennies de conflits.
La communauté internationale a réagi fermement à la situation. Le Conseil de sécurité de l’ONU a dénoncé la « présence non autorisée de forces extérieures », appelant au retrait immédiat des troupes rwandaises et du M23. L’Union européenne et l’Union africaine ont également exhorté les parties à observer le cessez-le-feu conclu en juillet dernier.
Au niveau régional, le président kényan William Ruto a convoqué un sommet extraordinaire de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) pour tenter de trouver une issue à la crise. Cependant, les tentatives précédentes de médiation, notamment sous l’égide de l’Angola, ont échoué, les tensions entre Kinshasa et Kigali restant vives.
Goma, située à seulement trois kilomètres de la frontière avec le Rwanda, est une ville stratégique convoitée pour sa position géographique et ses ressources naturelles. Le M23, un groupe rebelle créé en 2012, avait brièvement occupé la ville avant d’être vaincu militairement en 2013. Sa résurgence, avec le soutien présumé du Rwanda, met une fois de plus en lumière les luttes géopolitiques et économiques qui rongent cette région riche en minerais.







