Depuis trois ans, Kimerley et Priscilla Addison ont décidé de revenir au Ghana pour y investir. Elles ont lancé 57 Chocolate, une marque de chocolat haut de gamme, biologique et 100 % ghanéen.
57 Chocolate, des tablettes made in Ghana

Kimerley et Priscilla sont des sœurs. Issues d’une famille de diplomates, rien ne les prédestinait au business du chocolat. Mais après avoir sillonné plusieurs pays, elles se sont vite rendues compte qu’elles aspiraient à vivre dans leur pays, le Ghana. Il ne restait plus qu’à ficeler le projet pour préparer leur retour. Un jour, Kim en visitant une chocolaterie en Suisse, eut un déclic. « Là, entre les lignes de production, je me suis dit tout à coup que quelque chose ne tournait pas rond. Qu’il n’était pas logique que la Suisse, qui n’a pas un cacaoyer sur son sol, soit perçue comme le pays du chocolat quand le Ghana, deuxième producteur mondial de fèves, n’est cité par personne, parce qu’il transforme trop peu sa matière première, » raconte-t-elle.

Pour y remédier, sa sœur et elle, ont décidé de créer leur propre chocolat haut de gamme et biologique malgré les avis dubitatifs. Certains étaient convaincus que les produits de luxe n’allaient pas se vendre au Ghana et que, de toute façon, les matières premières sont toutes exportées. Malgré cela, elles ont osé pour elles-mêmes, mais aussi pour servir de modèle à la jeune génération. Elles déclarent d’ailleurs au sujet de leur marque : « Ce sont des tablettes de patriotisme. Notre entreprise est un modèle qui veut inciter la jeunesse du pays à se lancer et créer. Car nous voulons que notre pays bâtisse une industrie. » Elles ont ainsi réinventé le chocolat noir amande avec une pointe de sel et le noir jobolo, avec une pointe acidulée d’hibiscus. 57 Chocolate allie donc avec brio tradition et modernité. D’ailleurs, l’emballage inclut des monuments nationaux et des symboles adinkra, de l’ethnie Akan, un clin d’œil à la culture et les valeurs africaines qui les ont façonnées.

Aujourd’hui, Kim et Priscilla sont fières « de servir le Ghana » et sont comblées de procurer du travail à 7 personnes. Elles espèrent dans le long terme avoir une fabrique dans chaque région, produisant du cacao. Le business des deux sœurs est florissant et elles comptent faire profiter de leurs créations au monde entier. Ce qui représente un gros marché, car pour l’heure, l’Afrique, où la classe moyenne se développe doucement, ne consomme que 4 % du chocolat mondial.
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