Les 16 et 17 octobre 2025, Istanbul a accueilli la cinquième édition du Forum économique et des affaires Turquie-Afrique. Un rendez-vous stratégique pour Ankara, qui a profité de l’événement pour annoncer un objectif commercial ambitieux : atteindre 40 milliards de dollars d’échanges commerciaux avec le continent africain dès 2025, contre 37 milliards en 2024.
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Devant plus de 4 000 participants – chefs d’entreprises, responsables politiques et investisseurs venus de toute l’Afrique et de Turquie – le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat, a affirmé la volonté d’Ankara de renforcer ses liens économiques avec un continent devenu central dans sa stratégie d’influence.
Une progression constante
Depuis le début des années 2000, la Turquie a multiplié les initiatives pour s’implanter durablement en Afrique : ouverture d’ambassades, création de lignes aériennes directes, développement de la coopération militaire, et surtout, déploiement massif de ses entreprises, notamment dans les secteurs de la construction, de l’énergie et de l’agroalimentaire.
Résultat : les échanges commerciaux turco-africains sont passés de 5 milliards de dollars en 2003 à 37 milliards en 2024. L’objectif de 40 milliards fixé pour cette année marque donc une volonté claire de consolider cette trajectoire ascendante.
Un partenariat “gagnant-gagnant” ?
Dans son discours, Ömer Bolat a insisté sur le caractère “mutuellement bénéfique” de la relation entre la Turquie et l’Afrique. “Nous ne venons pas pour piller des ressources, mais pour construire ensemble”, a-t-il affirmé, en appelant à des projets conjoints dans des domaines comme l’agriculture, la logistique, la santé ou l’éducation.
Le Forum a ainsi servi de plateforme pour des rencontres B2B, la signature de protocoles d’accord, et l’identification de nouveaux marchés où les entreprises turques pourraient investir. Plusieurs partenariats ont été esquissés, notamment avec des pays comme le Sénégal, le Kenya, l’Afrique du Sud et le Ghana.
Un contexte de concurrence géopolitique
Cette offensive économique turque ne se fait pas dans un vide. Ankara doit composer avec la présence d’autres puissances déjà bien implantées sur le continent, comme la Chine, la France, les États-Unis ou les Émirats arabes unis. Mais la Turquie mise sur un positionnement plus “humain”, moins conditionné par des logiques de domination.
Le président Recep Tayyip Erdoğan, bien qu’absent physiquement du forum, a transmis un message fort, appelant à “une Afrique forte, prospère et souveraine, où la Turquie est un partenaire fiable et durable”.







