Elle s’appellent Auchan, Carrefour, Casino, Super U, Leader Price. Elles sont toutes des entreprises françaises et elles sont en Afrique, et espèrent profiter des dynamiques sociales, démographiques et économiques sur le continent.
Les difficultés de l’enseigne Auchan sont colossaux. L’entreprise a perdu, en 2018, plus d’un milliard d’euros dans sa terre natale. Il s’y ajoute des problèmes liés au modèle même d’Auchan, qui s’est développé en s’adossant à une stratégie qui ne marche plus en France : l’hypermarché. La société a ainsi pris la décision de vendre 21 de ses sites.
Avant Auchan, Carrefour s’était rendue à l’évidence et avait décidé de privilégier l’e-commerce, en France. Le groupe a mis en oeuvre un plan qui prévoit une métamorphose : se déployer dans la livraison à domicile, l’express et le drive. Carrefour prévoit même le départ de 3000 de ses salariés. Concernant Casino, son board s’est résolu à céder une vingtaine de ses magasins en France.
Hécatombe, donc. Pertes et fracas, même. Cela ne signifie pas que ces entreprises n’ont plus de ressources pour se relever. Elles se sont toutes lancées, en France, dans le commerce en ligne, pour essayer de sauver les meubles. Mais leur véritable salut se trouve en Afrique. Auchan, Carrefour et Casino se sont toutes implantées sur le continent pour échapper à la morosité de leur espace naturel.
Auchan a vu son pari réussir. L’entreprise a vu ses ventes augmenter de 152,2 % (101 millions d’euros en 2018 contre 40 millions d’euros en 2017). Elle s’est durablement installée, avec ses 30 magasins au Sénégal en Mauritanie. Quant au groupe Carrefour, il est présent dans 7 pays du continent et compte 227 magasins. Casino, quant à lui, totalise 39 magasins en Afrique subsaharienne.
La classe moyenne, en Afrique, fait fantasmer les grands groupes mondiaux. Cette population, estimée à un peu moins de 400 millions d’habitants, suscite toutes les convoitises. Elle est en mesure de se déplacer et de s’acheter des biens de consommation dans les hypermarchés. Ce qui n’a pas échappé aux multinationales.







