À moins de trois mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Maroc, la tenue de la compétition semble suspendue à une équation instable. Le pays traverse une contestation sociale intense, portée par la génération Z et par les appels à la fin de la corruption dans plusieurs grandes villes. Dans ce contexte, l’idée d’accueillir la CAN paraît aujourd’hui incertaine pour beaucoup.
À lire aussi : Diomansy Kamara critique la hausse des prix pour Sénégal – Mauritanie
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a cependant insisté : pour lui, le Maroc est indispensable — il est « plan A, plan B et plan C ». C’est un message de défi lancé à la fois à la crise sociale interne et aux doutes grandissants entourant l’organisation. Motsepe affirme que son institution travaillera aux côtés du gouvernement marocain et de la population pour délivrer la « CAN la plus réussie » de l’histoire.
Mais l’opinion publique locale, galvanisée par le mouvement Gen Z, ne semble pas apaisée. Les manifestants dénoncent la mauvaise gouvernance, les inégalités et la corruption, face à laquelle certains redoutent l’utilisation de la compétition comme vitrine politique. Organiser une CAN dans ce climat exige non seulement des garanties de sécurité logistique, mais aussi une légitimité forte aux yeux des citoyens.
Si le Maroc reste le choix prioritaire de la CAF, son maintien dépendra de sa capacité à éteindre les foyers de colère, à rassurer les acteurs du sport africain et à prouver qu’il peut héberger un événement aussi médiatique dans un climat serein. Le compte à rebours est lancé — et le pari est de taille.






