À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 (du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc), plusieurs sélections africaines ont vu leurs plans bouleversés par une série d’incidents malheureux en club. Trois cadres offensifs — Sébastien Haller (Côte d’Ivoire), Pierre-Emerick Aubameyang (Gabon) et Assane Diao (Sénégal) — se sont blessés dans leurs clubs respectifs à un moment charnière de la saison européenne et en pleine période de préparation pour la CAN.
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Haller, Aubameyang et Diao : trois absences qui pèsent lourd
Pour la Côte d’Ivoire, l’absence probable de Sébastien Haller représente un coup dur offensif. L’avant-centre d’Utrecht, héros de la dernière CAN, a été contraint de quitter le terrain prématurément avec une blessure musculaire à la cuisse lors d’un match de championnat, plaçant sa participation au tournoi sous fort suspense.
Du côté du Gabon, le vétéran Pierre-Emerick Aubameyang manquera au moins le premier match contre le Cameroun à cause d’une blessure à la cuisse contractée avec l’Olympique de Marseille. Le capitaine et talisman de la sélection est un leader technique et psychologique, dont l’absence change déjà l’équation offensive des Panthères.
Le Sénégal, lui, doit composer avec l’incertitude autour d’Assane Diao, sorti sur blessure avec son club de Como en Serie A. Si l’étendue exacte de l’indisponibilité n’est pas encore connue, l’attaquant sénégalais est désormais un point d’interrogation majeur dans l’entrejeu offensif des Lions.
Ces absences s’ajoutent à celles de joueurs non convoqués comme Nicolas Pépé et Simon Adingra pour la Côte d’Ivoire, ce qui affaiblit encore davantage la profondeur offensive d’équipes pourtant riches en talents (Zaha, Krasso, etc.). De même, malgré des cadres comme Mané et Jackson, le Sénégal perd de sa densité offensive sans l’assurance de la forme physique de Diao.
Libération tardive des joueurs : controverse autour des règles FIFA
Si ces blessures individuelles sont malheureuses mais inhérentes à la profession, elles surviennent aussi dans un contexte organisationnel tendu. La FIFA a récemment ajusté la période de libération des joueurs pour la CAN 2025, autorisant les clubs à les retenir jusqu’au 15 décembre, soit seulement six jours avant le début du tournoi. Cette période est nettement plus courte que ce qui aurait été prévu en temps normal et laisse peu de marge aux sélections pour préparer et acclimater leurs effectifs.
Cette décision, prise en concertation avec la CAF mais fortement influencée par les pressions des clubs européens qui doivent gérer des calendriers très chargés en fin d’année, a suscité des frustrations chez plusieurs entraîneurs et fédérations africaines. Ils dénoncent l’impact négatif de cette libération tardive sur la préparation et la condition physique des joueurs, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une priorisation des intérêts des clubs et des ligues européennes au détriment de la CAN.
Les règles ordinaires de la FIFA prévoient des fenêtres internationales plus longues pour les compétitions majeures, mais le calendrier a été perturbé par l’intégration du nouveau Mondial des clubs et par le choix de positionner la CAN en plein cœur de l’hiver européen, en pleine période de championnat.
Entre négligence ou simple conséquence d’un calendrier surchargé ?
Doit-on donc parler de négligence vis-à-vis de la CAN ? Pour certains observateurs, la réduction de la période de libération et le maintien du tournoi en hiver — malgré un calendrier européen saturé — envoient un signal ambigu sur l’importance accordée à la compétition par les instances dirigeantes du football mondial. D’autres estiment qu’il s’agit d’un compromis imposé par la réalité du calendrier international, où chaque acteur — clubs, fédérations, joueurs — tente de trouver un équilibre entre engagements sportifs et intérêts économiques.
Des conséquences visibles sur le terrain
Quoi qu’il en soit, ces blessures ont des conséquences concrètes :
La Côte d’Ivoire voit sa puissance offensive diminuée sans Haller, obligeant le sélectionneur à revoir ses options devant.
Le Gabon, déjà dans un groupe difficile, doit repenser sa stratégie sans son principal buteur contre le Cameroun.
Le Sénégal, qui visait une CAN ambitieuse, doit espérer des retours optimistes sur l’état de forme de ses joueurs incertains, notamment Diao.
Alors que le tournoi s’apprête à révéler ses premiers enseignements tactiques et physiques, ces absences forcent les sélections à faire preuve d’adaptation tactique et de profondeur de banc, testant leur résilience avant même le premier coup de sifflet. L’équilibre entre compétitions de clubs et engagements internationaux demeure un défi central du football moderne — un débat qui, cette saison encore, est mis en pleine lumière par la CAN 2025.






