Dans le ciel du Rwanda, de grands insectes mécaniques promènent régulièrement leurs ailes rouge et blanc, chargés de précieux colis. Les drones livreurs de médicaments de l’entreprise Zipline révolutionnent l’accès aux soins. Un modèle d’innovation que le gouvernement entend dupliquer dans d’autres secteurs.
Les engins s’approchent, descendent en altitude, ouvrent leurs ventres et lâchent des cartons, doté d’un mini-parachute, avant de reprendre leur envol. A présent, les minutes sont comptées, car les paquets contiennent deux poches de sang destinées à des cas urgents. Tel est le quotidien peu ordinaire de ces 356 hôpitaux et centres de santé du territoire de l’entreprise Zipline.
Dans l’entrepôt climatisé où les commandes, passées par téléphone, SMS ou WhatsApp, sont conditionnées, deux préparateurs s’affairent avant de passer les colis de l’autre côté de la vitre, vers la station de lancement des drones. Parmi les nouveautés à l’étude, la livraison rapide de produits (médicaux notamment) destinée aux touristes ou l’envoi de traitements vétérinaires pour les éleveurs.
La société a fait du Rwanda son terrain d’expérimentation dès 2016. Six ans plus tard, elle couvre, grâce à ses deux plateformes de décollage (une dans l’Ouest, l’autre dans l’Est), l’essentiel de la demande en sang du pays, à l’exception de l’agglomération de Kigali. Elle expédie également du plasma et une large gamme de médicaments : antibiotiques, vaccins ou insuline.
« Au-delà des interventions d’urgence, nous offrons une alternative aux hôpitaux et dispensaires qui n’ont pas l’infrastructure nécessaire ou assez performante pour stocker ces produits », explique Diane Kayigi, cheffe des opérations de Zipline.
La start-up est devenue la vitrine de l’ambition du président Paul Kagame et qui veut faire du Rwanda la Silicon Valley du continent. Mais aussi de devenir un pays test pour les technologies les plus révolutionnaires, comme ces « ambulances des airs ». Mais pour réaliser la Silicon Valley chère à Paul Kagame, le chemin est encore long. Le président a formulé son rêve en 2018 : que le prochain Mark Zuckerberg soit rwandais.
En attendant, le gouvernement a injecté 20 millions de dollars dans la Kigali Innovation City, un complexe en cours de construction de 61 hectares qui accueillera des universités, des bureaux et des incubateurs de start-up. Pour marcher peut-être un jour dans les pas d’Israël ou de Singapour, les deux modèles du Rwanda.
A lire aussi : Le secteur minier, véritable levier de développement au Rwanda








