Cinq créateurs originaires d’Afrique, faisant leurs débuts sur les podiums, ont ouvert le 24 février 2021 la Fashion Week de Milan sous la bannière «We are Made in Italy». Eux qui ont nourri des désirs jugés fantaisistes dans leur pays d’origine et qui se heurtaient à des obstacles considérables, ils ont finalement réussi à les concrétiser dans leur pays d’adoption.
Joy Meribe, originaire du Nigéria, a commencé à travailler en Italie en tant que médiatrice culturelle. Fabiola Manirakiza est arrivée en Italie en tant qu’enfant du Burundi et a d’abord suivi une formation de médecin. Né au Maroc, Karim Daoudi a grandi dans une ville de fabrication de chaussures du nord de l’Italie et a finalement repris l’artisanat local. Pape Macodou Fall est arrivé du Sénégal à l’âge de 22 ans, appliquant sa démarche créative en tant qu’acteur, producteur de films, peintre figuratif et maintenant, en tant que créateur de vêtements recyclés. Quant à la camerounaise Gisele Claudia Ntsama, elle a choisit de rejoindre l’Italie avec l’objectif sûr et singulier de démarrer une carrière dans la mode.
Surnommés «les Fab Five», ils sont la première génération de créateurs qui ont réussi leur pari grâce à une collaboration entre la Chambre nationale de la mode italienne et le mouvement Black Lives Matter in Italian Fashion.
La collaboration s’est étendue à partir de septembre 2020, lorsque les collections des Fab Five étaient accrochées dans un showroom, à un défilé pour la Fashion Week de Milan, qui se déroule presque dans son intégralité en ligne. Pour leurs collections automne-hiver 2020-21, les créateurs ont travaillé aux côtés des fournisseurs et ont bénéficié du mentorat d’experts, tous organisés par le conseil de la mode italien, dans un partenariat renforcé qui leur a permis de faire passer leurs créations au niveau supérieur.
Meribe a travaillé avec de la soie de la société textile Taroni, basée à Côme, revisitant certains de ses modèles antérieurs pour sa marque Modaf Designs qu’elle fabriquait traditionnellement à partir de rendus de coton de textiles de cire africains traditionnels.
Daoudi a travaillé avec le cordonnier vénitien Ballin, qui produit des chaussures pour Bottega Veneta, Chanel et Hermès, pour créer sa collection de sandales et de bottes à talons hauts. Il a dit que l’association l’avait aidé à produire des designs plus stimulants.
Ntsama a elle ajoutée des tricots à ses créations tourbillonnantes distinctives à partir de textiles de chanvre.
Pape Macodou Fall, dont le nom d’artiste est Mokodu, a lui pris des vêtements existants et les a recyclés avec des images d’inspiration africaine peintes à la main.
Fabiola Manirakiza, avec sa marque Frida Kiza, n’a eu besoin d’aucun financement extérieur pour créer sa collection.
C’est le mouvement Black Lives Matter qui a inspiré les créateurs italiens noirs pour attirer l’attention sur les limites auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Cela a démontré qu’il est particulièrement important que le monde de la mode ne se contente pas d’inscrire les noms des créateurs nés en Afrique dans son registre, mais il devrait plutôt leur apporter un soutien matériel pour mieux évoluer.





