Aïcha Koné, icône de la musique ivoirienne et voix emblématique du tube Africa Liberté, a récemment suscité des débats en Afrique de l’Ouest après avoir exprimé son soutien aux régimes militaires du Sahel. Sur TikTok, où elle compte plus de 500 000 abonnés, elle a publié une nouvelle chanson saluant l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, des pays dirigés par des juntes militaires depuis 2020. Ces régimes se sont détournés de la France et ont reçu le soutien de la Russie.
Aïcha Koné, qui a débuté sa carrière dans les années 1970 et a côtoyé les plus grands artistes africains, notamment Miriam Makeba et Manu Dibango, a toujours été proche des figures politiques. Dans ses chansons, elle prône la liberté et l’unité du continent africain, mais son récent soutien aux leaders militaires est perçu comme une rupture avec son passé engagé en faveur de la paix. En août 2024, elle a même été reçue par le général Abdourahamane Tiani au Niger et le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso, qu’elle qualifie affectueusement de « mon fils ».
Ce virage politique a cependant divisé l’opinion. Certains saluent son engagement pour ce qu’elle appelle le « noble combat » des juntes sahéliennes, qui affirment vouloir reprendre leur destin en main face à l’ancienne puissance coloniale française. D’autres critiquent son alignement avec des régimes accusés de répression violente contre les opposants et les journalistes. Ces prises de position rappellent que les artistes peuvent jouer un rôle clé dans les dynamiques politiques, mais qu’ils ne sont pas toujours à l’abri des controverses.







