Le président de la transition, Bah Ndaw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés et conduits au camp militaire de Kati par des militaires. Il s’agit du deuxième coup d’État au Mali en l’espace de dix mois, après le renversement de IBK en août 2020.
Inutile de dire que la situation reste confuse à Bamako. Mais pour l’instant, il semblerait que le colonel Assimi Goita, ex-vice-président de la transition, est celui qui semble tirer les ficelles au pays.
Chef du Bataillon autonome des forces spéciales de l’armée malienne, le colonel Goita a fait ses armes dans le centre du pays où il a combattu les djihadistes.
Il est l’instigateur du coup d’État en août 2020 et qui à la suite de la pression internationale, a été contraint de mettre en place un gouvernement de transition.
C’est lui qui va désormais prendre le poste de président de transition après que Bah N’daw et Moctar Ouane aient annoncé leur démission en ce début d’après midi.
Cela fait des années que le Mali (et plus largement le Sahel) est en proie à une instabilité quasi permanente, qui semble s’envenimer de plus en plus. Il est plus que jamais urgent de repenser les stratégies de résolution des conflits dans cette région, lesquelles ne devraient pas se limiter exclusivement à une réponse militaire et sécuritaire mais favoriseraient également des actions de développement, le primat de la justice et l’inclusion des communautés locales et des chefferies traditionnelles, des femmes et des jeunes dans la définition et la mise en œuvre des politiques.
Cette approche multidimensionnelle devrait aussi intégrer la négociation avec les djihadistes, nonobstant l’aversion de la France envers cette option car selon elle, il ne faut pas négocier avec les terroristes.
D’autant plus que depuis 2017, de nombreuses voix dont Mohamed Ag Intalla, l’un des hommes les plus influents au nord du pays, se sont déclarées partisans du dialogue.
« J’ai eu l’occasion de le dire à plusieurs représentants diplomatiques ici à Bamako. Nous n’avons pas le choix. Si nous voulons trouver la paix au Mali, il faut dialoguer avec tous nos enfants, même ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord. Sinon nous risquons de nous enliser durablement, comme les Américains se sont enlisés en Afghanistan », avait-il affirmé en janvier 2019.





