Le magnat nigérian Aliko Dangote ne cesse de bousculer les frontières de l’ambition industrielle africaine. À peine inaugurée, sa gigantesque raffinerie située à Lekki, près de Lagos, s’apprête à franchir une nouvelle étape : porter sa capacité de 650 000 à 1,4 million de barils par jour d’ici trois ans. Une expansion qui ferait de la Dangote Refinery la plus grande raffinerie au monde.
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Déjà sans équivalent en Afrique, ce projet privé dépasse les standards continentaux. En visant 1,4 million de barils par jour, la raffinerie nigériane ambitionne de dépasser la capacité du complexe de Jamnagar (Inde), actuel leader mondial détenu par Reliance Industries.
Mais pourquoi un tel objectif ? Pour Dangote, cette montée en puissance répond à un double enjeu : assurer l’indépendance énergétique du Nigeria – pays pourtant producteur de pétrole, mais toujours dépendant des importations de carburants raffinés – et positionner le Nigeria comme un acteur majeur de l’exportation de produits pétroliers en Afrique et au-delà.
L’extension nécessitera des investissements massifs. Dangote envisage de vendre jusqu’à 10 % du capital de la raffinerie pour financer l’opération et prévoit également de recourir à des prêts auprès d’institutions panafricaines comme la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Le projet devrait générer environ 65 000 emplois, contribuant ainsi à dynamiser l’économie nigériane.
Cependant, des défis subsistent. La raffinerie actuelle n’a pas encore pleinement atteint son rythme de croisière, en partie à cause de difficultés d’approvisionnement en brut local. Les infrastructures de transport et de logistique doivent aussi être renforcées pour soutenir une capacité doublée. Et enfin, la question environnementale demeure : l’impact d’une telle méga-structure suscite déjà des inquiétudes, alors que le monde s’oriente vers la transition énergétique.







