En 2024, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a enregistré une augmentation significative de ses réserves d’or, atteignant 2 530 milliards de francs CFA, soit une hausse de 38 % par rapport à l’année précédente. Cette progression est principalement attribuée à la flambée des prix de l’or sur les marchés internationaux, renforçant ainsi la position financière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
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La BCEAO détient actuellement environ 1,52 million d’onces d’or, équivalant à un peu plus de 43 tonnes. Bien que ce volume reste modeste comparé à celui des grandes puissances économiques, il représente une garantie essentielle pour la stabilité du franc CFA, arrimé à l’euro. En 2024, la valorisation des réserves d’or a généré une plus-value latente de 485 milliards de francs CFA, renforçant ainsi les fonds propres de la banque sans nécessiter de vente d’actifs.
Une grande partie des réserves d’or de la BCEAO est stockée à l’étranger, notamment à la Banque de France, qui en détient environ 70 %, soit plus d’un million d’onces. Cette centralisation historique, héritée de l’époque coloniale, suscite des critiques croissantes quant à la souveraineté monétaire des pays de l’UEMOA. Des voix, notamment parmi les économistes panafricanistes, appellent à un rapatriement progressif de ces réserves pour renforcer l’autonomie financière de la région.
Depuis 2023, la BCEAO a initié une stratégie de gestion active de ses réserves d’or, en plaçant environ 200 000 onces dans des opérations d’investissement, notamment via la Banque des règlements internationaux (BRI). Cette démarche vise à optimiser les rendements des actifs tout en assurant une diversification des placements, contribuant ainsi à la résilience économique de la région face aux chocs externes.
La consolidation des réserves d’or de la BCEAO intervient dans un contexte de discussions sur la réforme du franc CFA et la création éventuelle d’une monnaie unique ouest-africaine, l’éco. La gestion efficace des actifs en or pourrait jouer un rôle déterminant dans la réussite de cette transition monétaire, en offrant une assise solide pour la nouvelle monnaie et en renforçant la confiance des investisseurs.







