C’est douloureux de savoir qu’il y a encore des pays comme la Guinée, l’Egypte, le Mali, l’Érythrée, où le taux de femmes excisées dépasse confortablement les 90 %. L’excision a souvent été une mutilation qu’on fait subir à une petite fille pour contrôler sa vie sexuelle dans l’avenir, mais il y a aussi des femmes qui font volontairement recours à l’excision.
Awa Thiam, une figure de lutte contre les MGF

Née au Sénégal en 1950, Awa Thiam est une écrivaine, anthropologue et personnalité politique féministe sénégalaise. Peu connue de la nouvelle génération, elle est pourtant l’une des pionnières de la lutte contre les MGF (Mutilations Génitales Féminines) en Afrique. Elle est l’auteure de La Parole aux négresses, publié en 1978. C’est le premier texte africain dans lequel sont ouvertement dénoncées des pratiques comme les mutilations génitales féminines. Dans ce livre, elle décrit sans détour cette pratique qui conditionne et asservit la petite fille avant même qu’elle ne puisse être conscient de sa féminité. Elle a été présidente de la CAMS (Commission pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles) fondée en 1982, elle continue toujours de combat et sert de modèle à plusieurs auteures qui se sont aussi engagées dans ce combat.
Ces femmes qui disent oui aux MGF

Malgré le combat mené par les Etats, ONG, activistes, il y a encore du chemin à faire étant donné l’omniprésence d’une culture selon laquelle la femme ne peut être pure que si elle a été excisée.
En Ouganda par exemple, il existe une pression sociale obligeant les femmes à s’adonner aux MGF. Celles d’entre elles qui ne sont pas excisées ne peuvent pas participer à certaines activités coutumières et sont toujours considérées comme des enfants.Cela incite certaines femmes adultes à se faire exciser. C’est le cas de SylviaYeko, une jeune femme de 26 ans qui a décidé de se soumettre à la MGF il y a 3 mois.Elle a également tenu à ce que sa cérémonie se fasse en public, à l’encontre de son père.Pourquoi ?
Elle explique : »Au cours de cette journée, je me suis sentie si fière.Avant ma circoncision, j’étais considérée comme un enfant, mais maintenant, je suis quelqu’un de respectée« .Pensant agir comme une héroïne, elle a accepté de subir une douleur atroce pour gagner l’approbation de ses paires et être « bonne à marier ».
Sylvia comme beaucoup de femmes et d’hommes se retrouvent conditionnés par le bon vouloir de la société, le poids du regard de l’autre.Bien des efforts ont été consentis pour faire cesser les MGF, mais comment procéder lorsque les victimes deviennent des bourreaux ?
A lire aussi: 8 fausses idées que l’on a encore au sujet du VIH/SIDA







