Société des ambianceurs et des personnes élégantes. C’est de cette expression qu’est né le mot sape. Né au Congo, ce concept désigne les beaux vêtements et l’art de bien les porter et se comporter avec. Pour le côté art, on parle aussi de sapologie. C’est un véritable mouvement culturel qui a gagné toute l’Afrique et le monde. Aujourd’hui être sapé ou être un sapeur n’est plus l’apanage des Congolais. Ce qui nous amène à nous demander qui sont vraiment les plus grands sapeurs d’Afrique.
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Les premiers sapeurs ont vu le jour bien avant les Indépendances

Les origines de la sape remontent à l’époque coloniale. Les « Bapopo », les travailleurs occidentaux de l’époque ont inspiré l’élite congolaise qui a décidé par le biais du vêtement de combattre le poids de l’infériorité que les autorités belges et françaises avait mis sur les épaules de leur peuple.
Les jeunes Congolais ont alors décidé de copier le style vestimentaire de leurs maîtres coloniaux, quitte à dépenser des sommes extravagantes pour acquérir la dernière mode de Paris. C’était une façon pour eux de montrer qu’ils sont capables d’être stylé, et même mieux que le Blanc.
La sape a été un véritable instrument de lutte anti-colonialiste entre 1930 et 1960. Elle a aussi accompagné la montée en puissance de la Rumba, avec des symboles comme Papa Wemba aux manettes. Aux Congo, le mouvement est encore bien vivant, considéré comme partie intégrante de l’héritage culturel de la région.
Les plus grands sapeurs d’Afrique ne viennent pas forcément du Congo

Le mouvement est effectivement né à Brazzaville et Kinshasa. A tout seigneur tout honneur. Cependant, comme on le dit en Côte d’Ivoire, « le concept n’appartient pas à celui qui le crée mais à celui qui sait le mettre en valeur. » A partir de là, il est légitime de se demander si les plus grands sapeurs d’Afrique sont Congolais.
En Côte d’Ivoire justement, la sapologie a été remixée à la sauce locale, ce qui a donné le concept de « choco », qui concerne bien plus que l’habillement. On retrouve moins la notion de colonialisme aujourd’hui, mais le principe de base est le même : être perçu comme étant au sommet de la pyramide.
Les Nigérians, Kényans, Sénégalais, Béninois utilisent tous aujourd’hui le mot saper quand ils portent leurs plus beaux habits. Il y a aussi des Européens blancs qui épousent le mouvement et commencent à s’y identifier. Tout le monde peut être sapeurs aujourd’hui, même sans le revendiquer.







