La Chine vient peut-être de changer les règles du jeu dans la course à l’Internet spatial. Des chercheurs chinois ont réussi à transmettre un signal Internet à 1 Gbit/s depuis un satellite en orbite géostationnaire (à 36 000 km de la Terre) à l’aide d’un laser… d’à peine 2 watts. Une prouesse technique qui pourrait remettre en cause la suprématie actuelle de Starlink, le réseau satellitaire de SpaceX.
À lire aussi : L’Iran riposte : frappes de missiles sur la base américaine d’Al Udeid au Qatar
L’équipe à l’origine de cette avancée combine deux technologies jusqu’ici rarement associées. La première, l’optique adaptative, permet de corriger les perturbations atmosphériques qui déforment habituellement les faisceaux lumineux. La seconde, le mode diversity reception, capte différents signaux partiellement déformés pour les recomposer et obtenir un flux stable.
Résultat ? Même avec une puissance dérisoire, le laser parvient à transmettre un débit constant et rapide. Et ce, depuis une orbite bien plus éloignée que celle de Starlink, qui opère à environ 550 km d’altitude. En comparaison, les satellites de SpaceX offrent un débit oscillant entre 100 et 250 Mbit/s.
Cette technologie ouvre la voie à un Internet spatial plus rapide, plus stable et potentiellement plus écologique, en évitant les centaines de satellites nécessaires aux constellations actuelles. Elle pourrait aussi jouer un rôle clé dans la future 6G ou les communications interplanétaires.
La Chine ne compte pas s’arrêter là. Le pays développe plusieurs projets ambitieux comme Guowang (plus de 13 000 satellites) et Qianfan (15 000 satellites prévus). En parallèle, certaines entreprises comme Chang Guang testent déjà des lasers capables d’atteindre les 100 Gbit/s depuis l’espace.
Alors que Starlink reste le leader incontesté de l’Internet satellitaire, cette percée chinoise montre que la course est loin d’être terminée. Si la technologie laser chinoise est déployée à grande échelle, elle pourrait offrir une alternative plus rapide, plus ciblée et moins dépendante de la multiplication des satellites en orbite basse.
Mais la Chine devra encore relever plusieurs défis : intensifier les lancements, gérer la saturation orbitale et faire face aux contraintes réglementaires internationales.






