Le rachat de Twitter par Elon Musk a connu une brusque accélération ce lundi. Le conseil de direction et le fondateur de PayPal, Tesla, Boring et SpaceX auraient rapproché leurs positions. une affaire conclue ! « J’espère que les pires de mes détracteurs resteront sur Twitter, parce que c’est ça, la liberté d’expression », a tweeté Elon Musk.
Le 14 avril, Elon Musk avait adressé une offre spontanée de rachat total des actions ; fixant leur prix à 54,20 dollars, soit une valeur premium de 54 % en relation au prix d’acquisition des premières actions de janvier. Il avait alors expliqué dans un communiqué :
« J’ai investi dans Twitter parce que je crois dans son potentiel pour être la plateforme de la liberté d’expression sur toute la planète, et je crois que la liberté d’expression est un impératif social pour une démocratie qui fonctionne […] Mais elle a besoin d’être transformée. »
Les algorithmes qui poussent les contenus considérés comme positifs et les « shadow ban » pour les autres, se sont intensifiés ces deux dernières années, créant toute une série de réseaux parallèles. Le réseau Parler et True Social (celui de Donald Trump) en sont des exemples. Bien qu’aucun de ceux-ci ne puisse se mesurer avec l’original.
La vision absolutiste de la liberté d’expression tranche avec celle des autres oligarques de la « high tech » américaine, dont Bill Gates, qu’Elon Musk a moqué ce week-end en le juxtaposant à un « mème » d’homme enceinte. Cette liberté perturbe d’autant plus que le Sud-africain est un homme à qui l’on peut difficilement imputer une affiliation politique, même s’il a déjà fait savoir qu’il restaurerait le compte de Donald Trump.
Elon Musk s’offre le luxe de l’humour sans risque d’être laminé par la cancel culture. Aussi n’hésite-t-il pas à se moquer de Netflix et de ses contenus moralisateurs et barbants. Dans un tweet du 14 mars, il publie un tweet avec l’image de Pablo Escobar, le trafiquant colombien des années 80 sur une balançoire, assorti de la légende : « Netflix, attend la fin de la guerre pour faire un film sur un gars ukrainien, noir, qui tombe amoureux d’un soldat russe transgenre ».
La veille, il avait publié un logo avec le drapeau arc-en-ciel LGBT et le drapeau ukrainien, avec le texte : « Je soutiens le truc en cours ». Il faisait par là allusion à la culture des mots d’ordre de soutien aux causes successives, reconnues comme politiquement correctes. D’autres, pour beaucoup moins que cela, voient leur compte bloqué.
Le potentiel d’un réseau redevenu libre, obéissant aux standards démocratiques occidentaux pré-censure oligarchiques sidère, tant il est vrai que la censure s’est normalisée. Cette liberté pourrait toutefois de nouveau être illimitée, cette fois sur autre front, celui de la Commission européenne.







