La journaliste béninoise est devenue un exemple et une référence en matière de lutte pour le droit des femmes. Elle s’est fait un nom et surtout est désormais réputée comme défenseur des femmes victimes d’harcèlement depuis qu’elle a osé dénoncer ce phénomène qu’elle a elle-même subi.
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Sa vie est est en partie, désormais consacrée à la cause. Quand elle n’intervient pas sur une scène à Cotonou, elle parle aux étudiants dans des amphithéâtres de l’université d’Abomey-Calavi ou prend la route pour se rendre à Pobè, à 100 kilomètres de la capitale économique, à la rencontre d’une énième victime de viol.

Tout est parti de là, raconte t-elle. Le 1er mai 2020, Angela Kpeidja, 47 ans, a vu sa vie basculer à la suite d’une publication sur les réseaux sociaux. Bien qu’effectuée loin des écrans de télévision qui ont révélé la journaliste, cette sortie médiatique aura pourtant l’effet d’une bombe. Ce jour-là, à l’occasion de la fête du travail, elle dénonce à haute voix le harcèlement sexuel dont elle est victime à l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB), le média de service public qui l’emploie depuis 2007.
De nature inédite dans le pays, cette dénonciation publique a un effet immédiat. Les jours suivants, en effet, les choses vont s’accélérer : prise de parole d’autres victimes, sollicitations de toutes parts, mais aussi entrevue avec le chef de l’État… Une rencontre décisive, dans la mesure où les marques de considération et le soutien du président Patrice Talon vont encourager la journaliste et, accessoirement, lui assurer une forme de protection.

Portée par cet élan, Angela Kpeidja décide d’écrire son autobiographie. Un livre sorti en août 2021, sous le titre Bris de silence, qui retrace sa vie, jalonnée de violences en tous genres. Avec le thème de l’harcèlement sexuel au travail. Son récit rencontre un franc succès tant au Bénin qu’à l’étranger. En décidant de livrer son expérience personnelle, Angela Kpeidja veut contribuer à changer les mentalités sur la question des violences faites aux femmes et ce, sur tous les plans – institutionnel comme judiciaire ou social.

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