« Le Mandé fut fondé sur l’entente et la concorde, l’amour, la liberté et la fraternité. Cela signifie qu’il ne saurait y avoir de discrimination ethnique ni raciale au Mandé. Tel fut l’un des buts de notre combat ». C’est en Afrique, dans l’empire du Mali au 12e siècle que ces mots sacrés retentirent lors de l’intronisation de l’empereur du Mali, Soundiata Keita.
Qu’est-ce que le Kouroukan Fouga?

Appelée charte du Madingue ou Kouroukan Fouga, c’est la première constitution du monde. Elle reposait essentiellement sur la sacro-sainteté de la vie humaine et l’importance de la cohésion sociale.
Dans ladite Charte, des points tels que l’inviolabilité de la personne humaine, la paix sociale dans la diversité, l’éducation, la solidarité, l’intégrité de la patrie, la sécurité alimentaire, l’abolition de l’esclavage, la liberté d’expression et d’entreprise, y occupait une place primordiale. Bien que l’empire du Mali n’existe plus, ses piliers, ses valeurs fortes sont toujours véhiculés de père en fils au sein du clan des Malinkés afin que la tradition perdure. Cette charte a par ailleurs inspiré toute l’humanité et elle est aujourd’hui inscrite dans le patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Notons qu’il existe plusieurs textes de la Charte, car elle était initialement issue de la tradition orale. Celui décrit ci-dessous remonterait à 1222 et provient des travaux menés à partir des années 1970 par Wa Kamissoko et Youssouf Tata Cissé.
Extrait du Kouroukan Fuga

« Toute vie humaine est une vie.
Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie,
Mais une vie n’est pas plus » ancienne « ,
Plus respectable qu’une autre vie,
De même qu’une vie ne vaut pas mieux
Qu’une autre vie.
Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :
Toute vie étant une vie,
Tout tort causé à une vie exige une réparation.
Par conséquent,
Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,
Que nul ne cause du tort à son prochain,
Que nul ne martyrise son semblable.
Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :
Que chacun veille sur son prochain,
Que chacun vénère ses géniteurs,
Que chacun vénère ses enfants,
Que chacun pourvoie aux besoins
Des membres de sa famille.
Les enfants de Sanéné et Kontron déclarent :
Que chacun veille sur la terre de ses pères.
Par patrie, pays, ou terre des pères ».
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