Lorsqu’on parle de stylisme, nos pensées se dirigent automatiquement vers la mode vestimentaire. Mais l’esthétique et le design n’ont pas de sens que dans l’habillement. Ils se sont aussi fait une place dans l’industrie alimentaire.
Une photo vous a-t-elle déjà influencée dans l’achat d’un mets, d’un sandwich ou de tout autre produit alimentaire ? Ce qui vous a été servi correspondait-il à l’image ? Ou bien avez-vous été plutôt déçue ? Vous êtes-vous déjà sentie arnaqué par une photographie culinaire qui ne correspondait pas à la réalité ?

D’abord, nous avons voulu savoir pourquoi le hamburger que nous achetons ne ressemble pas toujours à celui affiché à l’entrée des fast-food et qui nous motive à franchir la porte pour le commander. « Il est préparé, spécialement pour donner envie de l’acheter mais vous ne le mangerez jamais parce qu’il n’est pas comestible. On le dore juste en surface, il reste cru. », explique la styliste culinaire Ndagou Ndiaye. Et à la question ne s’agit-il pas là d’une arnaque ou de fausse publicité ? Ndagou Ndiaye répond par la négative. « Je ne pense pas parce que les éléments utilisés pour la préparation sont les mêmes, c’est juste la présentation qui est faite autrement. »
Autodidacte
Ndagou Ndiaye est diplômée en industrie chimique et agro-alimentaire et poursuit actuellement des études en nutrition. Elle est aussi Food blogueuse, fondatrice de « Little Things », une entreprise de vente de cupcakes. Sa passion autour de la cuisine l’a poussée vers l’apprentissage et la pratique du stylisme culinaire.
De l’art culinaire, mais pas que…
En photographie culinaire, il ne faut pas toujours se fier à l’image, car dans certaines circonstances, le véritable produit ne peut être utilisé. C’est le cas de la purée de pommes de terre colorée utilisée à la place de la glace. C’est également le cas pour les marques de céréales qui utilisent de la colle blanche à la place du lait. C’est aussi le cas de l’huile moteur utilisé à la place du sirop d’érable sur les pancakes. Selon la styliste culinaire autodidacte, le stylisme culinaire requiert beaucoup de créativité mais aussi beaucoup de patience car les shootings peuvent durer jusqu’à dix heures.
Différence avec la photographie
Le métier de styliste culinaire pourrait être assimilé à de la photographie mais nécessite en plus une touche personnelle de décor et de mise en scène.
« Un photographe qui doit effectuer un shooting, va ramener son matériel de photo. Et dans un restaurant par exemple, il va juste prendre la photo de l’assiette telle qu’elle lui est présentée, alors qu’un photographe culinaire va non seulement ramener son matériel photo, il y aura des fonds, il y aura des couverts, il y aura des assiettes. C’est-à-dire qu’un certain plat va mieux se présenter dans ce type d’assiette là pour la photo. Et il y aura aussi des ingrédients, qu’un styliste et photographe culinaire va rajouter sur la photo, ce qu’un photographe ne ferait pas forcément », précise-t-elle.
La présence des marques sur les réseaux sociaux
A l’heure du digital et de la vente en ligne, l’image est devenue essentielle dans le commerce en général et le commerce alimentaire en particulier. Les marques font donc de plus en plus appel à des stylistes culinaires pour leur shooting dans le but s’attirer une clientèle.

C’est ainsi que Ndagou Ndiaye collabore avec de grandes marques dans l’industrie alimentaire, des restaurants, mais aussi avec de jeunes entrepreneurs qui se lancent dans les affaires pour les aider à mieux vendre par l’image. « À la base, c’est juste la publicité à la télé, mais avec tout ce qui se passe maintenant sur les réseaux sociaux, on voit que toutes les cinq minutes, il y a une nouvelle photo. Donc il faut forcément se renouveler, avoir énormément de contenus », souligne-t-elle.







