Lorsqu’on dit que tout est politique, vous est-il une fois arrivé de penser que la nourriture aussi l’était ?
Pour la metteure en scène, Eva Doumbia, c’est le cas. Elle présente Autophagies, Histoires de bananes, riz, tomates, cacahuètes, palmiers. Et puis des fruits, du sucre, du chocolat, programmé à la 75e édition du Festival d’Avignon. Ce spectacle est une pièce de théâtre, de danse, de chant mais aussi de dégustation de nourriture sous les yeux du public.
Après l’avoir vu, vous n’aurez plus la même conception de la nourriture. Celle-ci est politique, d’après elle.
« Avec ce spectacle ce qu’on essaie de raconter au public, c’est comment nos aliments les plus quotidiens racontent une histoire ».
Ces aliments, pour la plupart, ne sont pas originaires du peuple qui les consomment. Ils remontent à la période de la colonisation et même parfois bien avant. « Ceci montre à quel point les dominants modifient les habitudes alimentaires des peuples qu’ils conquièrent », a t-elle déclaré dans une interview accordée à la RFI.
Elle nous apprend à travers sa mise en scène que par exemple la banane qu’on a tant assimilée à l’Afrique ne provient pas originellement de ce continent, et que le riz de Kamangue a été planté par des travailleurs indochinois pendant la deuxième guerre mondiale etc
Ce travail très documenté, lui a pris quatre ans à réaliser. Ceci peut d’ailleurs s’apparenter à un travail de chercheur mais qu’on a rendu artistique, a t-elle expliqué à la RFI.
Une merveille. La créativité et l’ingéniosité des artistes ne cessera de nous surprendre. À saluer mais à regarder surtout.







