En compétition pour l’Étalon d’or du Yennenga, le film « The Village Next to Paradise » du réalisateur somalien Mo Harawe dévoile une Somalie méconnue, loin des clichés de guerre et de violence qui l’entourent souvent. En 133 minutes, il dresse le portrait d’une famille unie dans l’adversité, où l’amour, la résilience et l’espoir l’emportent sur la dureté du quotidien.
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Le film suit le quotidien de Mamargade (Ahmed Ali Farah), un père de famille oscillant entre plusieurs petits emplois – fossoyeur, chauffeur – pour subvenir aux besoins de son fils, Cigaal (Ahmed Mohamud Saleban), un brillant élève orphelin de mère. Leur relation fusionnelle est au cœur du récit, rythmée par des moments de tendresse et de sacrifice.
À leurs côtés, Araweelo (Anab Ahmed Ibrahim), la sœur de Mamargade, incarne une figure de force féminine. Son refus d’accepter la polygamie lui a coûté son mariage, mais elle trace son propre chemin, déterminée à reprendre le contrôle de son destin et à soutenir son neveu.
Contrairement aux représentations classiques de la Somalie, Mo Harawe choisit de ne pas montrer de scènes de guerre explicites. Ici, la violence est suggérée : un reportage en ouverture évoque un attentat, un enseignant absent laisse ses élèves s’exercer à éviter les drones. Mamargade, désespéré par son manque de travail, demande avec amertume dans un hôpital : « Vous n’avez pas eu d’attaques ces derniers jours ? ».
Mais le film ne se focalise pas sur cette violence. Il met en avant l’humanité de ses personnages et leur quête d’un avenir meilleur. La lumière douce, les silences pesants et les gros plans fixes sur Araweelo accentuent cette atmosphère de résilience silencieuse.
Dans ce drame poignant, les femmes sont les véritables piliers de la résilience. Araweelo, malgré les obstacles, trouve la force de se reconstruire. Son lien avec Cigaal symbolise l’espoir d’une nouvelle génération, prête à dépasser les traumatismes du passé.







