Il nous vient tout droit de Lagos et a commencé à être connu du grand public en 2010 à Bamako lors de la biennale de danse en Afrique.
Il y présentait un solo magnifique, My Exile is in my head, inspiré des notes de prison de Wole Soyinka, The Man Died et dans lequel il y explorait les figures de l’exil.

Récemment, il vient de nous livrer sa nouvelle création intitulée : « Re : Incarnation » et dans laquelle il nous plonge dans la culture yoruba. Un spectacle riche et haut en couleurs. La chorégraphie visible sur le site du Centre Pompidou de Paris met en lumière dix danseurs et un musicien. Ensemble ils interprètent le thème du voyage sous plusieurs tableaux rythmés par des changements de costume. On passe ainsi « d’une explosion de couleurs à ce cérémonial avec des masques africains portés par la troupe ».

À mi chemin entre le Hip-hop et le contemporain, un oeil sur le Lagos des années 70 et l’afrobeat incarné par le mythique Fela Kuti, une énergie brute se dégage durant les 80 minutes que dure le spectacle.
Résultat : le public est englouti par la scène et sa présence sonore et le temps d’un instant il oublie cette pandémie, les masques, la distanciation sociale. Tout ce qui comptait c’était cette force vivifiante.

Cela n’est pas surprenant de la part de quelqu’un comme Qudus Onikeku qui perçoit le corps du danseur « comme un musée privé, grand protecteur des souvenirs, des sentiments, des espoirs ».

Fustigeant l’expression selon laquelle la danse est un langage, il estime que ce dernier n’est pas très efficace dans cet art. « Le langage est moins efficace lorsque la danse est en vue, et les « formes » désignent quelque chose de fixe. (…) Pour moi, une performance est simplement une expérience, pas une expérience cérébrale ; cependant, c’est plutôt un bref moment partagé de vitalité, de guérison, de purification sensorielle, où l’on fait parfois allusion à des comportements antisociaux, mais c’est surtout une médiation entre l’ici et l’après et un équilibre »., a t-il avoué.








