Jusqu’au 11 juillet, l’artiste béninois Romuald Hazoumè présente ses masques composés de bidons en plastique au musée du Quai Branly, à Paris. Il s’agit de sa série « No return » qui est au coeur de l’exposition « Ex Africa », qui peut se résumer comme étant « un nouveau dialogue entre artistes contemporains et l’histoire de l’art du continent africain ».
Sans doute, les oeuvres ont attiré l’attention de plus d’un. Et ce qui est encore plus spectaculaire c’est qu’il est autodidacte.

« Moi, je ne sors pas d’une École des Beaux-Arts. Les grands maîtres européens, je les connais très peu. Je vis en Afrique et je transpire ma culture. Je suis l’itinérant qui passe de royaume à royaume pour transmettre cette connaissance. C’est comme ça que nous avons eu des maîtres sculpteurs dans les grands palais d’Abomey, de grands tisserands ou de grands tailleurs de pierre dans certaines contrées », a t-il lâché dans une récente interview accordée à la RFI.

Bien qu’ayant grandi dans une famille catholique, Romuald Hazoumè est resté en contact avec la société vaudou de ses ancêtres ; ce double héritage culturel s’exprime à la fois dans ses masques et ses installations.

Son art propose une lecture parallèle et illustre comment l’artiste puise dans le vocabulaire des initiés pour donner du caractère à ses créations. Il est à la fois immédiat et profond et traite de diverses questions d’orde politique, identitaire, sociologique et esthétique. Il est sérieux mais aussi ironique et plein d’esprit, nous révèle la galerie MAGNIN-A. Bref du contraste pur et dur.

« C’est un serpent pour vous. C’est un serpent pour les Fons d’Abomey, pour les Luba, mais c’est l’infiniment petit et l’infiniment grand pour d’autres peuples, comme les As’hendo de la République démocratique du Congo qui disent que c’est le mouvement premier de l’âme. Chez d’autres peuples, comme les Baluba, c’est le mouvement de début. Donc, ce serpent dont vous parlez, cette spirale, est un symbole universel chez beaucoup d’autres peuples, surtout en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest. Ce symbole assez puissant de la spirale montre le mouvement. Sans lui, il n’y a rien. Avec lui, il y a tout.», a t-il confié à la RFI à propos d’une de ses oeuvres.







