Je ne sais jamais comment commencer mes articles. J’ai envie de dire tellement de choses que je ne sais pas où est-ce que je dois débuter. Essayons de commencer par le commencement : comment j’en suis arrivée là.
Je ne vais pas trop raconter ma vie. J’ai un peu de mal avec l’idée que beaucoup de personnes puisse avoir accès à des choses que je cache à mes proches mais je vais épiloguer pour qu’on puisse comprendre ce qui va suivre.
Je souffre depuis quelques années d’anxiété sociale. Ce n’est pas que je n’aime pas les gens, c’est qu’ils me font peur. J’ai trouvé sur Google une magnifique description qui dit que c’est « une peur intense des situations dans lesquelles la personne phobique est confrontée aux regards des autres ». Par ailleurs, je suis très renfermée, introvertie et hypersensible. Nous avons là un cocktail explosif. Beaucoup d’émotions qui se battent dans ma tête et dans mon cœur.
J’ai commencé à ressentir cette phobie à mon entrée au collège, quand j’ai commencé à découvrir un peu la vie et à me rendre compte que je suis réellement différente des autres. Je ne dis pas cela pour me donner de l’importance. Pas du tout. Je suis consciente que j’ai une perception des choses très (trop ?) différente. Et cette impression de différence et de « personne ne me comprend » a créé chez moi une peur incontrôlable du jugement. Ce n’est même pas une blague ou une exagération, j’ai peur que les gens jugent la façon dont je me tiens debout. C’est à ce point… On en est arrivé là mdr ! À partir de là, on comprend facilement que ma confiance en moi n’était pas au top.
Il s’est passé également des choses. On m’a dit des mots, des paroles et on m’a fait des reproches qui renforcent ce que je suis aujourd’hui : a whole mess. Je vais essayer de vous peindre l’image que j’ai de moi, la plus réaliste possible. Je pense que je ne suis pas « assez ». Chaque fois que je le dis à quelqu’un la réponse est la même : je ne comprends pas. Et je ne sais pas comment bien l’expliquer parce que pour moi c’est tellement clair dans ma tête que c’est dur de le transcrire. Je pense que je ne suis pas assez [insérer n’importe quel adjectif]. Je ne suis pas assez gentille, intelligente, pieuse, jolie, accueillante, studieuse, ouverte, drôle… Je ne suis pas une assez bonne fille, une assez bonne amie… Et de ce je ne suis pas assez découle le « je ne mérite pas ce qui m’arrive ou ce que j’ai ou rien du tout en faites » et le « je ne réussis jamais ce que je fais ».

Pour ceux qui ne me connaissent pas vraiment, soit pratiquement tout le monde, je n’ai pas l’air d’avoir tous ces « soucis ». J’ai conscience de dégager une image très contradictoire de ce que je suis réellement. Et c’est ça le problème. On me dit parfois des choses, on me fait parfois des compliments que je pense ne pas mériter pour la simple et bonne raison que je ne m’aime pas assez. Ma confiance en moi est pratiquement inexistante.
Et vous allez vous dire « comment quelqu’un qui n’a pas confiance en elle peut nous donner des astuces sur comment avoir confiance en nous pour réaliser nos rêves ? ». Je ne donnerai ici aucune astuce. Ce ne sont pas les astuces qui vont vous permettre d’avoir confiance en vous. Le « fake it ‘til you make it » je l’ai testé et ça NE MARCHE PAS. Je fake depuis que j’ai 16 ans et j’ai plus régressé que le contraire, si j’analyse la situation. Tellement de gens m’ont dit « applique tes conseils » (parce que oui je suis une experte lorsqu’il s’agit de donner des conseils aux gens, alors que je pleure mon désespoir) ; « fais plus d’efforts » ; « tout le monde a des problèmes ». Je m’adresse à tous ceux qui m’ont dit ça un jour. Vous pensez que s’il s’agissait juste de faire des efforts et d’appliquer mes conseils je serai encore entrain de pleurer la nuit parce que j’ai l’impression que personne ne m’apprécie assez parce que I’m such a disappointment ? Vous pensez vraiment que ça me plait de rester dans cet engrenage anxiété-dépression sans savoir comment briser le cercle vicieux et aller mieux ? Vous pensez vraiment que j’apprécie cette vie ? J’attends vos réponses en dm.
Je n’ai peut-être pas confiance en moi aujourd’hui, mais je travaille pour y arriver un jour. Et je ne veux pas attendre d’arriver à destination pour vous dire quoi faire et comment. La beauté de ce parcours réside dans le fait qu’on peut le partager pour y arriver tous ensemble. J’aime énormément apprendre de nouvelles choses et les partager par la suite. Et il y a aussi le fait que j’ai énormément de mal, personnellement, à regarder ou lire des personnes qui ont déjà réussi. Je ne sais pas si vous voyez de quoi je veux parler. Ce n’est même pas que je veux atteindre la confiance qu’ils ont atteint ou que je les envie, c’est surtout que je n’arrive pas à atteindre ce qu’ils ont atteint et ça me frustre. Ça nourrit et agrandit chez moi l’impression que je suis une moins que rien. J’ai besoin de m’identifier pour pouvoir en tirer des leçons.
Vous comprenez donc aisément que j’écris cet article avant tout pour moi. C’est un peu une lettre que je me fais à moi-même. Une lettre que je pourrai lire quand je n’irai pas bien et qui va m’aider à me rebooster et à me rappeler d’où je viens. Je regarde beaucoup une youtubeuse, ma préférée d’ailleurs, qui s’appelle Léna Mahfouf (Léna Situations). Je la suis depuis ses débuts, c’est-à-dire depuis 4 ans. Et j’ai grandi avec elle si je peux le dire ainsi. Elle a vécu une rupture difficile, vous connaissez nos amis les hommes, parfois ils déconnent et pour une personne autant exposé sur les réseaux c’était un peu compliqué. À la fin, après toutes les péripéties, elle avait écrit une lettre pour elle à relire dans 10 ans. Et cette vidéo fait partie de mes préférées.
J’aime le fait d’entamer un processus pour aller mieux. De reconnaitre ses erreurs et ce qui nous empêchait d’aller mieux. Et de s’écrire une lettre pour les fois où on est un peu down, que l’on puisse savoir comment se sortir d’une situation difficile. Je vous invite à regarder la vidéo elle s’appelle « J’écris une lettre à lire dans 10 ans »
Les mois d’avril et mai ont été un peu chaotiques pour moi. Déjà l’arrivée de mon anniversaire en avril, qui est devenue pour moi une date et une période que je déteste. Parce que je suis dans une auto-flagellation, une introspection où je ressasse tout ce que je ne suis pas et que je n’ai pas encore accomplie. Parce que, comme je l’ai dit plus haut j’ai beaucoup de mal à recevoir les compliments et à les accepter. Parce que c’est une date où l’attention est portée sur moi alors que je ne supporte pas ça. Ensuite j’étais hyper excitée pour le ramadan, je le préparais vraiment j’étais trop pressée et… Ptdr comment vous dire ? Le ramadan a été un mess pour moi. Je n’ai pas réussi à atteindre mes objectifs et ça m’a encore plus frustrée. J’essayais d’aller mieux mais je n’y arrivais pas parce que j’avais peur.
Je vis avec toutes ces idées et ces affirmations dans ma tête depuis tellement d’années que je ne sais pas comment faire autrement et ça me fait peur. Et c’est un sentiment qu’on a tous ressenti mais juste on n’y pense pas. On ne change pas nos habitudes souvent parce qu’on a peur.
Si j’arrête de dormir tard la nuit qu’est-ce qui va se passer ? Si j’arrête de rater des prières qu’est-ce qui va se passer ? Si je commence à me réveiller tôt qu’est-ce qui va se passer ? Comment je vais faire ? Et si je n’y arrivais pas ? Parce que oui, qu’est-ce qui me prouve que je vais y arriver ? En mai, j’avais trouvé ce qui n’allait pas : j’avais peur.
J’ai regardé le film « All the bright places » et l’un des acteurs principaux, celui qui s’est suicidé à la fin, a dit une chose qui m’a transpercé le cœur et m’a juste rappelé ce que je ressentais à ce moment-là « Je gâche toujours tout je ne sais pas si j’arriverai à faire autrement. ». Même s’il ne l’a pas dit exactement comme ça, l’idée est là. Et je me rappelle que ce jour-là j’ai pleuré à m’en rendre malade. Et cette peur me rongeait. Je voulais aller mieux mais toutes mes tentatives se soldaient par des échecs. Je voulais aller mieux mais je ne savais pas comment faire ou par où commencer. Je voulais aller mieux mais je ne savais pas sur quel bouton appuyer.
Un soir, couché dans mon lit je me suis dit « il faut que ça change ». Je ne savais pas comment mais je me suis dit il faut te sortir de cette boucle. J’ai créé un template et je me suis dit c’est simple : je me fixe 4 objectifs par semaine et je fais tout pour les atteindre. A la fin de la semaine, je veux ressentir la satisfaction d’avoir accompli quelque chose. La confiance en soi peut passer par de petites actions et tout le monde est différent. Je voulais ressentir de la fierté et avoir une raison de me réveiller le matin et de me lever de mon lit. Si vous ne comprenez pas le lien avec la motivation on va y arriver.

For the people who don’t know me, i’m a workaholic. En d’autres termes, je me suis conditionnée à enfouir mes émotions et mes problèmes dans une cave loin dans ma tête et juste travailler. Je suis comme en mode automatique : je mange, je travaille, je dors, je travaille. Je ne fais rien d’autres que ça. Vous allez me dire donc ta confiance en soi n’a pas d’incidences sur ta motivation à travailler : FAUX ! Je parle de travailler pour quelqu’un. Un travail pour lequel tu es payé. Il est toujours plus facile pour moi d’accomplir un travail pour quelqu’un parce qu’il ne requiert pas d’énergie émotionnelle de ma part. Je ne fais qu’exécuter les ordres et les désirs de quelqu’un d’autres. Alors que travailler sur mes projets d’école ou mes projets personnels me demandent beaucoup d’énergie émotionnelle. Travailler pour réaliser mes rêves me demandent trop d’estime de moi.
Ça n’en a pas l’air. On ne fait pas le lien facilement entre les deux parce qu’on se dit que l’un est plus personnel et l’autre plus professionnel. Croyez-vous que si vous ne vous aimez pas assez vous pourriez lancer cette marque de vêtements dont vous rêver tout le temps ? Pensez-vous que vous auriez la motivation de travailler sur les croquis ? Vous allez vous dire tout simplement que ça n’en vaut pas la peine puisque ce ne sont pas des modèles ou des idées incroyables. Votre rêve va finalement finir dans les placards rejoindre d’autres idées incroyables qui ne verront jamais le jour.
Fixer mes objectifs et être satisfaite de ce que j’accomplissais chaque semaine m’ont aidé à avancer sur mon projet de fin d’étude que j’ai fini avant tout le monde, et d’énormément avancer sur de gros projets personnels que je repousse depuis 2 ans.
On met toujours un point d’honneur à tenir paroles quand on fait des promesses aux autres ou que les autres nous fixent des objectifs. Moi, j’étais prête à travailler de 10h à 02h du matin, j’étais prête à aller au boulot le dimanche de 09h à 20h, j’étais prête à courir partout et à me plier en 582 pour mon ancien employeur. Je suis prête à me priver de choses essentielles pour tenir la promesse que j’ai faites à telle ou telle personne. Et pour les promesses que je me fais à moi ? Et pour les objectifs que je me fixais ? Oh ce n’est pas grave je ferai ça la semaine prochaine.
Vous voyez où se trouve le problème ? Nous avons tellement conditionné notre cerveau à ne pas tenir nos promesses que nous ne nous faisons plus confiance. On sait que de toutes les façons, on ne le fera pas. Et dans mon cas, je ne le ferai pas parce que je ne le mérite pas. Votre confiance en soi peut fortement définir la motivation et l’engagement que vous mettez dans votre travail. Dans le livre Girl, wash your face l’auteur nous dit : « If you constantly make and break promises to yourself, you’re not making promises at all, you’re talking. »
J’ai réalisé ces dernières semaines que je me faisais du mal. J’ai réalisé que je me bloquais moi-même. J’ai réalisé en me réveillant un jour en larmes que j’étais prête à beaucoup pour les autres et rien pour moi-même. J’ai réalisé que je ne m’aimais pas assez pour me battre pour ce que j’aime.

Et vous savez quoi ? Je le mérite. Je ne le mérite pas parce que je suis gentille, pas parce que je suis jolie, pas parce que je suis intelligente. Je le mérite parce que je suis humaine. Je le mérite tout simplement parce que tout le monde mérite de s’aimer. Je le mérite parce que je le vaux bien. Je le mérite tout simplement.
Vous méritez de vous aimer parce que vous n’avez rien à prouver à personne. Vous méritez de vous aimer parce que vous vous suffisez à vous-même. Vous méritez de vous aimez parce que vous le méritez. P E R I O D T !
Si je reste totalement honnête, j’ai encore du mal à rester dans ce mindset. Mais je ne m’en fais pas trop. Parce que je sais que j’ai entamé un processus et que quelque soit les obstacles que je rencontre, le résultat sera heureux.
Cet état d’esprit m’a permis de reprendre la marche. Ça fait 3 semaines que j’ai recommencé et je n’ai pas encore lâché. Il y a des jours où j’ai un peu de mal à me lever et à partir. Mais je me rappelle ma nouvelle philosophie : « Tu ne peux pas exiger aux autres de te respecter si toi tu ne te respectes pas. Tu ne peux pas exiger aux autres de tenir leurs promesses envers toi si toi tu ne tiens pas tes promesses envers toi. Tout ce que tu fais tu le fais pour toi et pour personne d’autre. Et tu mérites de respecter ta parole envers toi-même parce que tu es fabuleuse. » Je me le répète tout le temps. Dès que je sens ma motivation baisser je me rappelle pourquoi j’ai commencé.
Je ne suis pas parfaite. Je ne suis pas non plus confiante. Je ne sais pas si vous allez apprécier ce texte ou pas. Tout ce que je veux c’est que ça vous aide. J’espère que vous n’êtes pas déçue. J’espère que vous allez pouvoir trouver en vous la force de vous dire que vous le méritez. Gardez en tête que de toutes les façons, tout ce que vous faites, vous le faites pour vous. Les autres peuvent en être satisfaits ou fiers mais à la fin, c’est votre fierté à vous qui vous fera le plus grand bien.
Take care people !
Par Yaye Fatou







