Avec sa marque Buzigahill, nommée d’après une colline de Kampala, le jeune designer s’est donné pour mission de récupérer, redessiner, recouper et surtout revendre au prix fort les vêtements de seconde main jetés par les consommateurs occidentaux et qui échouent en Afrique, où ils s’amoncellent sur les étals des marchés ou dans des décharges.
Une pratique connue sous le nom d’« upcycling », qu’on pourrait traduire grossièrement par « recyclage par le haut », et qui consiste à créer à partir de pièces recyclées un produit de plus grande qualité que le matériau d’origine. Visuellement, le pari est réussi car derrière le projet artistique, Buzigahill est avant tout une démarche engagée.
Malgré le titre provocateur de sa première collection, Buzigahill n’est pas qu’un pied de nez aux injustices de la mode mondialisée. Bobby Kolade ambitionne de surfer sur ce premier succès dans le haut-de-gamme pour financer ses projets sociaux et développer son ONG, Aiduke Clothing Research, destinée à aider les autres créateurs ougandais à toucher un public international.
l’Afrique en mode collectif

Une deuxième ligne, plus accessible et à destination cette fois du marché local, est déjà en préparation. « C’est important pour nous de voir des Ougandais porter des vêtements fabriqués en Ouganda par des Ougandais », martèle Bobby Kolade, qui affirme vouloir inscrire sa démarche dans une transformation structurelle de l’économie.
« Tant de choses doivent encore changer avant que l’Ouganda rouvre des usines textiles et produise ses propres vêtements à partir de ses matières premières. De notre côté, il faudra soutenir l’industrialisation du secteur par des investissements massifs et en fournissant les infrastructures nécessaires. Mais il faudra aussi que l’Occident tire un trait sur sa propre addiction à la “fast fashion”. »







