L’artiste malien Salif Keïta, légende vivante de la musique africaine et fervent patriote, a récemment pris position en faveur des autorités militaires actuellement au pouvoir au Mali. Dans une interview accordée à la Deutsche Welle, il a exprimé son soutien indéfectible à la transition dirigée par le colonel Assimi Goïta, soulignant le rôle central des militaires dans la préservation de l’intégrité et de la souveraineté nationale.
Salif Keïta, connu pour son franc-parler, n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’intervention des militaires au pouvoir était une réponse nécessaire à une situation critique :
« Le Mali était un pays vendu et le peuple s’est soulevé pour sa souveraineté. Les militaires sont venus clôturer ce soulèvement pour éviter un bain de sang. Nous avons besoin d’eux. »
Pour l’artiste, cette période de transition est une opportunité pour le pays de récupérer son indépendance politique et économique, longtemps compromise par ce qu’il perçoit comme une ingérence étrangère excessive.
Salif Keïta a également évoqué la riche histoire démocratique du Mali, en faisant référence à la Charte de Kurukan Fuga, proclamée en 1236 sous l’Empire du Mali. Ce texte, souvent considéré comme l’une des premières constitutions au monde, incarne pour lui l’esprit de justice et de souveraineté qui caractérisait autrefois le pays.
L’artiste considère que cette tradition démocratique africaine, née sur le continent, est mieux adaptée aux réalités locales que les modèles occidentaux imposés. « Nous avons notre propre démocratie depuis des siècles », a-t-il affirmé, appelant à une réappropriation des valeurs culturelles et politiques maliennes.
Nommé conseiller spécial du président Assimi Goïta en 2023, Salif Keïta est devenu une voix influente dans le paysage politique malien. Cette nomination a toutefois suscité des débats : certains saluent son engagement pour le pays, tandis que d’autres s’interrogent sur sa légitimité en tant qu’artiste dans un rôle politique.
Interrogé sur les accusations de violations des droits de l’homme imputées à la junte militaire, Salif Keïta a défendu les autorités, réfutant toute allégation de ce type :
« Quand des gens aiment leur pays et se battent pour sa liberté, on les accuse de tout. Mais ils ont offert leur vie pour que le Mali soit libre. »
Si les propos de Salif Keïta résonnent auprès de nombreux Maliens lassés de l’instabilité politique, ils divisent également l’opinion publique. Des organisations internationales et des défenseurs des droits humains continuent de demander un retour rapide à un régime civil, mettant en garde contre les risques de dérives autoritaires.
Malgré les critiques, Salif Keïta demeure convaincu que la transition militaire est essentielle pour reconstruire un Mali fort et souverain. Cette position reflète un débat profond au sein de la société malienne, entre la quête de stabilité et les aspirations démocratiques.







