L’Afrique vient de perdre l’un de ses artistes slameurs les plus talentueux de sa génération : Abdourahmane Dabo alias Al Fàruq. De son vivant, il aura brillé par sa verve artistique et montré que la jeunesse africaine bouillonnait de créativité.
Du haut de ses 27 années, il tire brillamment sa révérence

Abdourahmane Dabo, dit Al Fàruq, s’est lancé dans le slam en 2017 après un master en Géographie à l’université Gaston Berger de Saint-louis. Cependant, son amour pour la poésie date de ses 12 ans. Il aura fallu juste trois années au jeune casamançais (de 2017 à 2020) pour conquérir le slam au Sénégal et au-delà.
C’est ainsi qu’il remporte en 2018 la Coupe d’Afrique de Slam à N’Djamena après avoir été sacré champion de Slam, Poésie au Sénégal. La Coupe d’Afrique de Slam organisée au Tchad avait alors réuni une trentaine d’artistes d’Afrique francophone et anglophone qui se sont affrontés sur scène pendant une semaine. Al Fàruq est sorti vainqueur de cette compétition. Comme il avait promis, il a su tenir la dragée haute à tous.

La même année (2018), Abdourahmane Dabo remporte le Prix du Public du Grand Slam National et est finaliste du Prix Jeunes Écritures AUF RFI en 2019. Le natif de Bignona est aussi alumni du prestigieux « Club des amis du Livre » et lauréat de la « Caravane des 10 Mots » en 2011. En 2015, il fait éditer son recueil de poème « Déluge de l’esprit ». Aussi novelliste, l’une de ses œuvres (Le Carnet) est retenu parmi les finalistes du Prix Stéphane Hessel de la Jeune Écriture Francophone en 2015 (RFI).

Le co-auteur de l’anthologie « De Cris et d’encre » (Maîtres du Jeu éditions, 2018) est par ailleurs le fondateur du « COLLECTIF SLAMANSA » créé pour encourager et former les slameurs en Casamance. C’est dans cette optique qu’il a alors travaillé avec l’UEMOA, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et le ministère de la Culture du Sénégal.
Un artiste, un vrai !

Al Fàruq n’a pas cessé d’émerveiller son public et ses lecteurs avec ses mots profonds et frappants. Chaque vers écoulé peignait avec virulence et délicatesse, à la fois, les réalités simples et complexes de son monde. Quant à ses déclamations, on a rarement vu autant de vie et d’émotions extériorisées dans leurs plus primaires nudités. Sa Casamance qu’il nommait affectueusement son « petit coin de verdure», était pour lui la terre qui fertilisait son esprit et sa plume.
Sans nul doute, Al Fàruq était gorgé d’un talent qui ne cessait de grandir. À pleine dents, il a croqué la vie, peut-être a-t-il très tôt pris conscience de sa course effrénée contre le temps.
« Démocratiser le bonheur ! »

C’était le credo de l’artiste : partager autant que faire se peut de la bonne humeur et des ondes positives. C’était ce qu’il faisait et les témoignages faites de lui le confirment à souhait.
Au lendemain de sa victoire à la Coupe d’Afrique de Slam, après avoir lu son texte au point de presse qui s’est tenu au Goethe-Institut, il disait : « J’ai écrit ce texte pour retranscrire tout ce qui m’anime et me motive à écrire… Espérant que vous me verrez dans ce modeste poème, n’ayez aucune relâche à démocratiser le bonheur autour de vous ».

La communauté des slameurs et des amateurs de Slam du Sénégal, et même de l’Afrique est heureuse d’avoir connu Abdourahmane Dabo dit Al Fàruq. Le festival de Slam saint-louisien de 2019 (Slam nomade) a servi d’occasion pour tirer le chapeau à ce talentueux slameur qu’était Al Fàruq. Le Sénégal ne cessera de lui rendre les hommages qu’il mérite.
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