Avec BĒYĀH, Damso ne signe pas seulement un album, mais une œuvre introspective qui retrace son parcours artistique et personnel. Ce sixième opus, annoncé comme le dernier de sa carrière, synthétise les différentes facettes de son art, oscillant entre introspection, expérimentations sonores et engagements personnels.
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Dès les premières notes, BĒYĀH évoque les sonorités brutes et introspectives d’Ipséité et Lithopédion, albums qui ont marqué les débuts de Damso. Les morceaux tels que Impardonnable et Qui m’a demandé rappellent cette époque où le rappeur explorait ses démons intérieurs avec une plume acérée.
Parallèlement, l’album intègre des éléments plus expérimentaux, à l’image de Magic, où Damso collabore avec une intelligence artificielle pour les chœurs aigus, illustrant sa volonté d’explorer de nouvelles frontières musicales. Cette approche rappelle les expérimentations présentes dans QALF et J’ai menti, où l’artiste s’était aventuré dans des territoires sonores moins conventionnels.
BĒYĀH se distingue par sa diversité sonore. Damso y fusionne des influences variées, allant du compas haïtien aux sonorités congolaises, en passant par des rythmes afro-caribéens. Cette richesse musicale témoigne de sa volonté de transcender les genres et de proposer une expérience auditive unique.
L’album est également accompagné d’un court-métrage de science-fiction, R.E.M. : Épisode 00, projeté en séance unique le 20 mai 2025. Ce film explore un univers dystopique où une nouvelle monnaie sociale, le BĒYĀH, est implantée dans le système nerveux humain, renforçant ainsi la dimension conceptuelle de l’œuvre.
Bien que présenté comme son dernier album, BĒYĀH laisse entrevoir de nouvelles perspectives pour Damso. Dans une interview accordée à Le Monde, il exprimait son désir de se réinventer et d’explorer de nouveaux horizons créatifs, notamment dans le design et le cinéma. Cette volonté de renouveau se reflète dans l’album, qui, tout en clôturant un chapitre, ouvre la voie à de nouvelles aventures artistiques.
En somme, BĒYĀH est une œuvre dense et ambitieuse, qui, malgré certaines imperfections, offre une synthèse captivante de l’univers de Damso. Il s’agit d’un album qui mérite une écoute attentive, tant il regorge de nuances et de réflexions profondes sur l’identité, la société et l’art.







