L’Afrique est musicalement gâtée. Simi transmet une vision optimiste du monde, Jinku & Karun explore l’espace et les relations amoureuses, un premier album particulièrement puissant du groupe angolais Séketxe, Nancy Mounir fait revivre la musique des chanteurs égyptiens des années 20 oubliés et Didi B revient avec le deuxième volet de Mojotrône.
1. TBH (To Be Honest)
Simi est de retour avec un cinquième album afropop intitulé To Be Honest. La chanteuse nigériane propose onze titres dans lesquels elle parle d’amour, de gratitude et de trahison. Dans le morceau d’ouverture « Story Story », Simi parle de sa carrière dans le gospel et de son changement de répertoire. Elle invite son mari Adekunle Gold dans « Balance », un morceau qui traite de l’aspect imprévisible de la vie. Sa fille est également présente dans le morceau « Easy ». On retrouve la chanteuse Fave dans « Loyal » et comme le nom l’indique, To Be Honest est un album personnel qui transmet une vision optimiste du monde.

2. Passenger 555
Jinku, précurseur du mouvement NuNairobi s’associe à l’artiste de RnB Karun pour délivrer cet EP de sept morceaux intitulé Passengers 555. L’album explore les relations amoureuses dans toutes leurs complexités. L’EP pourra être apprécié de deux façons différentes : un récit tragique en commençant par « Rise » et en terminant par « Fluide reprise », une histoire qui se termine bien dans le sens inverse. En ce qui concerne la relation, cette fois-ci, musicale entre les deux musiciens, Passengers 555 est le résultat d’un appariement heureux car les airs afropop de Karun sont ici bien assortis aux sons alternatifs electro de Jinku.

3. FUNJADA (KANDENDUE KALUANDA)
Le mystérieux groupe de rap angolais Séketxe dévoile un nouvel album FUNJADA (KANDENDUE KALUANDA), un titre évidemment tout en majuscules pour transmettre leur énergie débordante. Les six membres du groupe (Murtalha, Djamberão, Rasgdo, Layfado, Black Kokaina, Banzelo), probablement originaires de Luanda, démontrent ici la puissance de la drill et du hip-hop angolais. Leur style agressif, quasi-braillard et pourtant très fluide, est parfois surprenamment apaisé avec l’ajout de mélodies plus douces dans les refrains comme dans « NGASSAKADILA », un morceau d’hip-hop lusophone à la fois puissant et rafraîchissant. Cet album de huit morceaux pour une durée totale de trente minutes est incroyablement dense et intense. Un premier album franchement réussi.

4. Nozhet El Nofous
Nancy Mounir est une productrice, violoniste et compositrice basée au Caire qui s’intéresse aux chanteurs égyptiens des années 20. Pendant six ans, elle s’est penchée sur leur parcours et sur les systèmes d’accord utilisés dans le monde arabe avant l’introduction de la notation standard occidentale. Ce travail de recherches a donné naissance à son premier album Nozhet El Nofous (نزهة النفوس – Promenade des Âmes). Ce disque fait revivre le travail de ces chanteurs égyptiens oubliés. On retrouve des artistes telles que Mounira El Mahdeya, Hayat Sabri et Fatma Serry qui n’avait pas été invitées au Congrès du Caire de 1932 dont l’objectif était de rendre la musique arabe plus accessible pour une oreille occidentale.

5. MOJOTRÔNE II: HISTORY
Le rappeur Didi B, ancien membre du groupe Kiff No Beat, dévoile History, son deuxième album, sequel de Mojo Trone sorti dix ans auparavant. Dans ce nouveau volume, Didi B continue d’utiliser des rythmes coupé-décalé (comme dans « Arafat » où il rend hommage à DJ Arafat décédé en 2019) en y injectant des sonorités plus afrobeats mêlant français, anglais et fon. On retrouve également dans l’album des contributions de son ancien collègue de Kiff No Beat Black K, de la chanteuse ivoirienne Josey, et du rappeur franco-congolais SDM.

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