Dimanche 13 juillet 2025, Paul Biya, à l’âge hors norme de 92 ans et au pouvoir sans interruption depuis novembre 1982, a officiellement annoncé sa candidature à la présidentielle. Par communiqué posté sur X, l’ancien Premier ministre devenu chef d’État a déclaré : « Soyez assurés que ma détermination à vous servir est à la mesure des défis ».
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L’élection est fixée au 12 octobre 2025, avec dépôt des candidatures dans les dix jours suivant l’ouverture du collège électoral. En 2018, Biya avait remporté la présidence pour… un septième mandat, à plus de 71 % des voix, dans un scrutin entaché d’irrégularités et d’un faible taux de participation, en pleine crise anglophone et tensions jihadistes.
Aujourd’hui, sa candidature suscite reactions contrastées :
Des ministres de l’ancien cercle présidentiel, tels Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maigari, se sont récemment retirés du gouvernement et inaugurent leurs propres campagnes, brisant l’alliance RDPC–élite septentrionale.
La société civile et l’opposition, emmenées par Maurice Kamto (MRC), appellent à sanctionner Biya lors du scrutin, dénonçant son âge, sa santé incertaine et l’enracinement autoritaire de son régime.
Si, en cas de victoire, Biya achèverait un 8ᵉ septennat, il atteindrait l’âge de… 99 ans à la fin du mandat, consolidant ainsi son statut de doyen mondial des chefs d’État élus. Cette longévité au pouvoir, facilitée par la suppression des limites de mandat en 2008, alimente le débat sur la démocratie et l’alternance au Cameroun.
De plus, le contexte sécuritaire demeure tendu : la crise anglophone perdure, avec violences et attaques dans les régions anglophones, tandis que Boko Haram poursuit ses incursions dans l’Extrême‑Nord.
La candidature de Paul Biya ne surprend guère, mais elle se tient dans un climat inédit – marqué par des dissidents au sein même de son gouvernement, une opposition mobilisée et un pays désormais en proie à des questions ouvertes sur sa capacité à évoluer vers une démocratie plus transparente et apaisée.







