Les relations diplomatiques entre le Mali et l’Algérie connaissent un refroidissement notable. Lors de son discours du Nouvel An, le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a annoncé le lancement d’un « dialogue direct inter-malien pour la paix et la réconciliation », marquant ainsi sa volonté de « privilégier l’appropriation nationale du processus de paix ».
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Cette annonce s’inscrit en opposition à l’Algérie, principal médiateur régional, dans le cadre de l’accord d’Alger signé en 2015 avec les groupes armés séparatistes du Nord, majoritairement touaregs. Cette décision met en retrait l’Algérie, qui jouait un rôle central dans cette question délicate.
Le retour des hostilités dans le Nord du Mali a ébranlé l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, également connu sous le nom d' »accord d’Alger », négocié en 2015 sous l’égide de l’Algérie. Ce pacte visait à désarmer les groupes rebelles et à intégrer leurs membres dans l’administration malienne, tout en octroyant des pouvoirs politiques élargis à la région du Nord, baptisée « Azawad », sans toutefois lui accorder un statut autonome.
Cependant, les tensions entre les nouveaux dirigeants maliens, arrivés au pouvoir lors des coups d’État d’août 2020 et mai 2021, et les anciens groupes rebelles signataires de l’accord se sont progressivement exacerbées, conduisant à une rupture.
La reprise des hostilités au Nord-Mali a suscité l’inquiétude de l’Algérie, pays voisin de la région de Kidal, et acteur principal dans la médiation entre le Mali et les groupes armés du Nord. L’Algérie considère la présence de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique dans cette zone comme une menace pour sa propre sécurité.
L’implication de l’Algérie dans le processus de paix au Mali est motivée par des liens culturels, sécuritaires et économiques étroits entre les deux pays. En février 2023, des ex-rebelles maliens avaient sollicité l’aide de l’Algérie, accusant le gouvernement malien de freiner la mise en œuvre de l’accord de paix.
Cette situation a déclenché une crise diplomatique aiguë. Les consultations menées en décembre en Algérie avec les groupes rebelles, ainsi que la visite à Alger de l’imam Mahmoud Dicko, une figure influente de la scène politique malienne, ont exacerbé les tensions.
Le gouvernement malien a critiqué ces initiatives, dénonçant des « actes inamicaux » et une « ingérence dans les affaires intérieures du Mali ». En réaction, l’Algérie estime qu’elle a le devoir de faciliter le dialogue en tant que présidente du Comité de suivi de l’accord de paix. Cette situation a conduit au rappel des ambassadeurs algérien et malien dans leurs pays respectifs pour consultations.
Il est essentiel de résoudre ce contentieux « inédit » afin de rétablir un climat propice aux négociations sur la question touarègue, conclut Mamadou Ismaïla Konaté, ancien ministre malien. Lors de son discours du Nouvel An, Assimi Goïta a annoncé la création d’un comité chargé de piloter le nouveau « dialogue inter-malien » dans le mois à venir, tout en poursuivant la « lutte contre les groupes armés terroristes ». Cependant, les détracteurs de ce dialogue l’ont déjà qualifié de « simulacre », marquant ainsi la caducité de l’accord de paix.







