Le Gabon s’apprête à introduire une taxe forfaitaire d’habitation (TFH) qui entrera en vigueur au 1er janvier 2026. Cette mesure, annoncée par le Conseil des ministres, doit s’appliquer à l’ensemble des logements — résidentiels comme professionnels — selon un système de zones géographiques avec des barèmes progressifs. Elle sera prélevée mensuellement via la facture d’électricité, collectée par la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).
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Selon les autorités, cette taxe vise à élargir l’assiette fiscale du pays et à générer des revenus supplémentaires destinés à financer des projets prioritaires dans un contexte de finances publiques difficiles. Le gouvernement gabonais met en avant la nécessité de renforcer les ressources internes pour soutenir la relance économique, notamment alors que la dette publique dépasse largement 75 % du PIB.
La taxe sera appliquée selon quatre zones : dans les quartiers populaires (zone 4), elle restera symbolique — environ 1 000 FCFA par mois — tandis que dans les zones plus aisées (zones 1 et 2), les montants pourraient atteindre 20 000 à 30 000 FCFA par mois.
Cette réforme suscite toutefois des critiques importantes parmi les citoyens et certaines organisations civiles. Plusieurs contribuables estiment que la progressivité géographique ne reflète pas toujours la réalité sociale : un résident d’une zone « modeste » pourrait payer plus qu’un habitant d’une zone plus aisée selon sa situation personnelle. D’autres s’interrogent sur l’applicabilité de la taxe pour des ménages bénéficiant déjà de certaines prises en charge, ou sur la transparence de l’utilisation des fonds collectés.
Des voix plus critiques contestent aussi le mécanisme de recouvrement, notamment l’adossement de cette taxe à la facture d’électricité — un modèle jugé juridiquement et administrativement problématique par certains observateurs, qui estiment qu’il mêle impôt et service commercial de manière floue.
Pour ses partisans, cette taxe constitue un outil indispensable pour stabiliser les finances publiques, financer des infrastructures et éviter des mesures d’austérité drastiques. Pour ses détracteurs, elle représente une nouvelle charge pour les ménages déjà fragilisés, sans garantie claire que les recettes seront utilisées de manière efficace et transparente.







