Le 13 mai 2025, le Mali a franchi une étape décisive dans sa trajectoire politique : le président de la transition, le général Assimi Goïta, a signé un décret dissolvant l’ensemble des partis politiques et des organisations à caractère politique sur tout le territoire national. Cette annonce, faite à la télévision nationale par le ministre Mamani Nassiré, intervient après des semaines de tensions croissantes entre la junte au pouvoir et les forces pro-démocratie.
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La dissolution des partis politiques fait suite à une série de mesures restrictives prises par le gouvernement de transition. Le 12 mai, le Conseil national de transition (CNT) avait voté l’abrogation de la Charte des partis politiques, ouvrant la voie à cette décision radicale. Cette mesure a été vivement critiquée par l’opposition et la société civile, qui y voient une tentative de consolidation du pouvoir par la junte militaire.
La communauté internationale a exprimé son inquiétude face à cette évolution. Des organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé une dérive autoritaire et appelé au respect des engagements pris par le Mali en matière de gouvernance démocratique. Au niveau national, plusieurs figures politiques, dont l’ancien Premier ministre Moussa Mara, ont annoncé leur intention de contester cette décision devant la Cour constitutionnelle, arguant qu’elle viole les principes fondamentaux de la démocratie malienne.
Cette décision intervient dans un contexte de répression accrue. Depuis le début du mois de mai, plusieurs manifestations pro-démocratie ont été violemment dispersées, et des leaders politiques, tels qu’Alassane Abba du parti CODEM et El Bachir Thiam du parti Yelema, ont été enlevés par des individus en tenue militaire. Ces actions ont renforcé les craintes d’une suppression systématique de l’opposition politique.
La dissolution des partis politiques soulève de nombreuses questions sur l’avenir politique du Mali. Alors que la junte avait initialement promis des élections en février 2022, celles-ci ont été reportées à plusieurs reprises, sans nouvelle date annoncée. La suppression des partis politiques pourrait compliquer davantage le retour à un ordre constitutionnel normal et prolonger la transition militaire.
La dissolution des partis politiques au Mali marque un tournant majeur dans la vie politique du pays, suscitant des inquiétudes tant au niveau national qu’international quant à l’avenir de la démocratie malienne.







