Deux personnes tuées par balles, des affrontements à Agadir, des jeunes dans la rue pour une réforme des services publics : la mobilisation du mouvement GenZ 212 a connu, ce mercredi 1er octobre 2025, un tournant tragique.
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Le mouvement, né en ligne il y a quelques semaines, est rapidement passé du virtuel à la rue. À l’origine, une exigence claire : un accès digne à la santé, à l’éducation, à la justice sociale. À Agadir, cette revendication a pris une tournure sanglante.
La violence éclate à Lqliaâ
Dans la soirée du 1er octobre, plusieurs dizaines de jeunes manifestants se sont rassemblés près d’une brigade de gendarmerie à Lqliaâ, dans la région d’Inezgane-Aït Melloul, au sud d’Agadir. Selon les autorités marocaines, un groupe aurait tenté de « prendre d’assaut » le poste, avec l’intention présumée de s’emparer de matériel militaire.
Les gendarmes auraient alors ouvert le feu en invoquant la légitime défense, tuant deux personnes. Des sources locales évoquent également plusieurs blessés. Une enquête a été ouverte, sous l’autorité du parquet, pour déterminer les responsabilités et les circonstances exactes des tirs.
Un mouvement né du ras-le-bol
Le mouvement GenZ 212, baptisé en référence à la génération Z et à l’indicatif téléphonique du Maroc, a émergé sur les réseaux sociaux fin septembre. Derrière ce slogan, une jeunesse marocaine frustrée par les inégalités d’accès aux soins, les lenteurs administratives, l’état du système éducatif et l’injustice ressentie face aux élites politiques.
L’élément déclencheur ? La mort de huit femmes enceintes à l’hôpital Hassan II d’Agadir, dans des conditions dénoncées comme le reflet d’un système de santé à bout de souffle. Depuis, les appels à manifester se sont multipliés dans plusieurs villes : Casablanca, Rabat, Tanger, Oujda, Marrakech, et dans tout le Souss-Massa.
Une mobilisation inédite… et instable
Alors que les premières manifestations étaient pacifiques, certains cortèges ont basculé dans la tension : feux de poubelles, blocages, affrontements avec les forces de l’ordre, usage de gaz lacrymogène et interpellations massives. Selon certaines sources, plus de 260 membres des forces de l’ordre auraient été blessés depuis le début du mouvement.
Mais ce sont bien les deux morts de Lqliaâ qui changent la donne. Pour la première fois, le mouvement paie un prix humain. Et la réaction du gouvernement sera scrutée de près.
Une enquête, mais peu de réponses pour l’instant
Les autorités ont promis une enquête « transparente », mais sans communiquer d’images, de noms ou de détails concrets. Les familles des victimes, elles, réclament justice et vérité. Dans les groupes Discord et forums Telegram du mouvement, la tension est montée d’un cran : certains parlent de « répression », d’autres appellent au calme.







