Laurent Wauquiez, chef de file des députés de la Droite républicaine (DR) et candidat à la présidence du parti Les Républicains (LR), a récemment proposé d’« enfermer » les étrangers considérés comme dangereux et faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) dans un centre de rétention situé à Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel français au large du Canada.
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Cette suggestion a suscité une vague d’indignation au sein de la classe politique française. Manuel Valls, ministre des Outre-mer, a vivement réagi en déclarant : « Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est la France, pas une prison ou un centre de rétention. Aucun territoire français ne mérite d’être traité comme une zone de relégation. L’exil forcé, c’est une méthode de colon, pas d’élu de la République. Le bagne de Cayenne, c’est loin, et tant mieux. »
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN), a également critiqué cette proposition, affirmant que « la place des OQTF, c’est dans leur pays…, sûrement pas dans un territoire français. Les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon ne sont pas des sous-citoyens ».
Stéphane Lenormand, député de l’archipel, a exprimé son mécontentement sur les réseaux sociaux, dénonçant le « mépris » de Laurent Wauquiez envers les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Malgré ces critiques, Laurent Wauquiez persiste dans sa proposition. Il justifie son idée en soulignant que Saint-Pierre-et-Miquelon, n’étant pas dans l’espace Schengen, permettrait de bloquer tout retour des individus concernés dans l’Hexagone. Il ajoute que le climat rigoureux de l’archipel, avec une température moyenne annuelle de 5 degrés et 146 jours de pluie et de neige, pourrait dissuader les étrangers de rester.
Cette proposition intervient dans un contexte où la question des OQTF est au cœur des débats politiques en France. Le faible taux d’exécution de ces obligations est régulièrement pointé du doigt, et plusieurs responsables politiques cherchent des solutions pour y remédier. Cependant, l’idée d’utiliser un territoire français comme lieu de rétention pour les étrangers en situation irrégulière soulève des questions éthiques et juridiques, rappelant des pratiques historiques controversées.







