Le 27 juillet, l’armée malienne et ses alliés russes, notamment le groupe paramilitaire Wagner, ont subi de lourdes pertes lors de combats avec des séparatistes touaregs près de Tinzaouatene, une localité stratégique proche de la frontière algérienne. Ces affrontements, parmi les plus intenses depuis plusieurs mois, ont éclaté après que l’armée malienne a annoncé la prise d’In-Afarak, un carrefour commercial clé dans la région de Kidal. Les séparatistes, regroupés sous la bannière du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-DPA), ont revendiqué une « victoire éclatante », affirmant avoir capturé des équipements militaires et fait des prisonniers, dont des membres de Wagner.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, a également revendiqué une attaque distincte contre les forces maliennes et russes, bien que les séparatistes aient nié leur participation conjointe. Le bilan précis des pertes reste flou, mais les rapports indiquent que plusieurs dizaines de combattants ont été tués ou capturés. Des sources locales ont confirmé à l’AFP que l’armée malienne avait subi un revers, avec des pertes importantes, y compris parmi les combattants de Wagner.
Cette escalade de la violence intervient dans un contexte de réorganisation des alliances et de tensions croissantes dans le nord du Mali. Depuis la prise de pouvoir par la junte en 2020, le Mali s’est tourné vers la Russie pour un soutien militaire, rompant avec ses partenaires traditionnels comme la France. L’offensive en cours vise à reprendre le contrôle des territoires tenus par les groupes séparatistes et jihadistes, mais elle est marquée par des accusations d’exactions contre les civils.
Le conflit malien, qui dure depuis 2012, est complexe, mêlant revendications indépendantistes, jihadisme et luttes de pouvoir régionales. La situation reste tendue, avec des conséquences humanitaires et sécuritaires importantes pour la région du Sahel.







