L’auto-détermination n’est plus une affaire théorique au Mali, la junte militaire se dit capable de stopper l’avancée en direction de Bamako des forces djihadistes, de sécuriser la capitale du Mali mais aussi permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale tout seul. En effet, la France, ses partenaires européens et le Canada ont annoncé jeudi 17 février le retrait du Mali des opérations militaires anti-djihadistes Barkhane et Takuba, du fait de la dégradation des relations avec la junte à Bamako.
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« Les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies et les pays ont décidé le retrait coordonné » du Mali, tout en assurant de leur volonté de rester engagés dans la région du Sahel. Emmanuel Macron a notamment annoncé qu’une partie des soldats seraient redéployés au Niger voisin. Entre 2 500 et 3 000 soldats français resteront au Sahel après le retrait du Mali, qui devrait s’achever d’ici quatre à six mois, d’après l’Élysée. Ce qui paraît beaucoup trop réaliste.
L’intervention militaire au Mali avait débuté sous la présidence de François Hollande, le 11 janvier 2013, en réaction à la prise du nord du pays par des groupes armés islamistes. La France lance l’opération Serval et déploie 4 000 soldats pour bloquer l’avancée des groupes armés islamistes qui ont pris le contrôle de l’Azawad, la partie nord du pays. François Hollande affirme que le seul but de la France est de combattre le terrorisme. L’opération permet aussi de protéger les mines d’uranium nigériennes, menacées par les rebelles maliens. Elles fournissent 20 % de l’uranium nécessaires aux 58 réacteurs nucléaires français.
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Mais aujourd’hui ce que la France a perçu comme un soutien est vu comme un pillage par la junte malienne dirigée par Assimi Goita. Les premières tensions ont vu le jour le 10 juin 2021, deux semaines après un coup d’État qui a porté une junte militaire au pouvoir, Emmanuel Macron annonce que Barkhane va devenir une opération internationale. Le président français compte notamment sur la force Takuba, composée d’unités de différents pays européens et destinée à conseiller, assister et accompagner au combat l’armée malienne.
Le 28 septembre, le premier ministre Choguel Maïga dénonce cette évolution et parle « d’abandon en plein vol » de la France. Emmanuel Macron juge inacceptable cette réaction, qui provient pour lui d’un gouvernement qui n’en est pas un. L’ambassadeur français est convoqué le 5 octobre, et le 31 janvier dernier, le Mali annonce qu’il doit quitter le territoire dans les trois jours.
*“On ne veut aucune troupe étrangère au Mali”.*
À Bamako, ces manifestant·e·s ont brûlé et piétiné une effigie d’Emmanuel Macron afin d’exiger le départ des troupes françaises de leur pays et pour célébrer l’expulsion de l’ambassadeur de France : pic.twitter.com/ZTpbU1ZVlH— AJ+ français (@ajplusfrancais) February 6, 2022
Une partie de la population rejette également l’intervention, alors que le départ des troupes françaises semble inévitable, des instructeurs russes et des mercenaires du groupe Wagner arrivent dans le pays début janvier. Le début de la fin pour la présence française.
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