Au Sénégal la tamkharit célébrée la nuit du Tâssou’a (9e jour du calendrier musulman) et du Mouharram ou Achoura (10e jour), est un jour tellement spécial que pour beaucoup de sénégalais une tamkharit sans thiéré n’est pas une vraie fête. Ça devient une tradition au pays.
C’est généralement autour d’un bon bol de ce fameux couscous que se retrouve la famille, le tout accompagné de poulet, ou viande de bœuf, ou de mouton, sans oublier du lait de vache frais qu’on verse légèrement dans le bol. Les vendeurs de couscous sont les plus heureux en ce jour de célébration de la tamkharit, car au pays de la teranga cette fête musulmane, au-delà de la prière, rime avec thiéré (couscous local).
Le couscous local à base de mil est une denrée très prisée au Sénégal. Il est préparé dans les foyers, en dîner simple comme festif. Beaucoup de familles optent pour ce couscous lors des fêtes comme Achoura ou encore les cérémonies de baptême ou de mariage. Le couscous est passé à la vapeur, souvent agrémenté avec des ingrédients comme le raisin, le beurre, le sucre vanillé.
On y prend tellement de plaisir, qu’on finit presque par oublier les conséquences du lendemain pour le ventre. D’ailleurs, vous dira-t-on avec un petit air de moquerie « bonne fête, mais surtout attention au ventre ».
« Ce qui est touchant le jour de la fête, c’est la générosité des gens. Si vous êtes non sénégalais vous avez l’embarras des invitations ou encore des plateaux de couscous offerts par les voisins », témoigne le chanteur sénégalais Ismaila Lô.
De porte en porte, tambours fabriqués à l’aide de cuir, les jeunes parcourent le quartier aux chants de « tajabone », et récoltant des pièces de monnaie. D’autres plus âgés, s’adonnent à une tradition locale : des déguisements vestimentaires. Le sens de tamkharit est profond chez les musulmans. c’est avant un jour de jeûn, de prière et de grâce qui efface les péchés de l’année précédente.
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