L’arrestation du rappeur togolais Amron, de son vrai nom Narcisse Tchalla Essowé, survenue dans la nuit du 26 mai 2025, continue de susciter une vive indignation au sein de la société civile et sur les réseaux sociaux. Connu pour son engagement critique envers le pouvoir en place, Amron est depuis lors introuvable, et aucune information officielle n’a été communiquée sur les raisons de son interpellation ni sur son lieu de détention.
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Originaire de Kara, Amron s’est fait connaître en 2010 avec son album « Black Boys ». Suivi par plus de 32 000 personnes sur Facebook, il est devenu une voix critique des autorités togolaises, dénonçant régulièrement les inégalités socio-économiques et les dérives de la gouvernance. Ces derniers mois, il avait intensifié ses prises de position sur les réseaux sociaux, interpellant directement le Président du Conseil du Togo sur sa gestion du pays.
Selon des témoignages concordants, relayés par la plateforme d’opposition Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), des gendarmes l’auraient interpellé à son domicile de Lomé, de nuit, en violation des dispositions du Code de procédure pénale togolais qui interdit les arrestations à domicile entre 18 heures et 6 heures, sauf exceptions strictes. La DMP qualifie cette arrestation d’« arbitraire » et estime qu’elle est une représaille à ses critiques publiques.
La famille d’Amron a également pris la parole. Sa mère a dénoncé cette arrestation dans une vidéo devenue virale, réfutant les rumeurs selon lesquelles son fils souffrirait de troubles mentaux. Sa fille aînée, âgée de 14 ans, a plaidé pour sa libération, affirmant que son père « ne faisait que dire la vérité ».
Sur les réseaux sociaux, le mot-dièse « #FreeAmron » est devenu un cri de ralliement pour les partisans de la liberté d’expression au Togo. Des artistes, des membres de la diaspora et des citoyens lambda ont lancé des cagnottes de soutien pour l’artiste et sa famille. Une marche est prévue le 6 juin prochain pour demander sa libération, plus de justice sociale et une série de mesures pouvant faciliter la vie des Togolais.
Cette arrestation survient dans un contexte de répression accrue contre les voix dissidentes au Togo. La DMP rappelle également le cas d’Honoré Sitsopé Sokpor, alias Affectio, détenu depuis quatre mois pour avoir publié un poème sur Facebook appelant les Togolais à s’indigner.
La société civile, les partis d’opposition et les défenseurs des droits humains appellent à la libération immédiate d’Amron et des autres détenus politiques, et exhortent les autorités togolaises à respecter les droits fondamentaux garantis par la Constitution.







