Le 7 mai 2025, les autorités de transition maliennes ont annoncé la suspension immédiate et jusqu’à nouvel ordre de toutes les activités politiques sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, justifiée par des « raisons d’ordre public », survient dans un contexte de tensions croissantes entre la junte militaire et les forces pro-démocratie.
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Le décret, signé par le président de la transition, le général Assimi Goïta, interdit non seulement les activités des partis politiques, mais aussi celles des associations à caractère politique. Cette annonce fait suite à une manifestation pro-démocratie organisée à Bamako, la première depuis les coups d’État de 2020 et 2021, où des centaines de citoyens ont protesté contre un projet de loi visant à dissoudre les partis politiques.
Lors de cette manifestation, les forces de sécurité ont dispersé une conférence de presse organisée par des figures de la société civile et des partis politiques appelant à un retour rapide à l’ordre constitutionnel par des élections transparentes et inclusives.
Cette suspension intervient après des assises nationales controversées tenues fin avril 2025, boycottées par la majorité des partis politiques. Ces assises ont recommandé de nommer Assimi Goïta président de la République pour un mandat de cinq ans, renouvelable, et de dissoudre les partis politiques. En réaction, des manifestations ont eu lieu le 3 mai, réclamant la fin de la transition d’ici le 31 décembre 2025.
La suspension des activités politiques a suscité de vives inquiétudes tant au niveau national qu’international. Des analystes politiques craignent une escalade des tensions entre les forces pro-démocratie et la junte militaire. La communauté internationale, notamment l’Union africaine et les Nations unies, a exprimé sa préoccupation face à cette restriction des libertés fondamentales.
Cette décision marque un durcissement du régime militaire malien, qui avait déjà suspendu les activités politiques en avril 2024 pour des raisons similaires. La levée de cette suspension en juillet 2024 avait été saluée comme un pas vers la normalisation politique.
Alors que le Mali est confronté à des défis sécuritaires majeurs, notamment la lutte contre les groupes jihadistes, cette suspension des activités politiques risque de compromettre davantage le processus de transition démocratique. Les partis politiques et la société civile sont désormais confrontés à un dilemme : comment poursuivre la lutte pour la démocratie dans un contexte de répression accrue ?
La situation reste volatile, et l’avenir politique du Mali dépendra en grande partie de la capacité des acteurs nationaux et internationaux à promouvoir un dialogue inclusif et à garantir le respect des droits fondamentaux.







